08 novembre 2010

Je vais vous montrer qui c'est Raoul

Je déambulais l'autre jour au deuxième étage du Musée des Beaux Arts de Lyon, cette ville qui est en train de devenir petit à petit une terre d'adoption, avant, pourquoi pas, un ancrage de plus longue durée... Ce n'était pas ma première visite à ce lieu élégant, puisque j'avais déjà eu l'occasion de me laisser dériver au milieu de toute la série de toiles léguées par Jacqueline Delubac. J'avais en mémoire une œuvre de Raoul Dufy appelée "L'Atelier aux raisins", dont le charme avait eu sur moi un fort pouvoir de séduction.

Je ne connais pas grand chose en matière de peinture. Je suis et resterai un profane existentiel : ma seule et vraie joie, lorsque j'arpente les salles d'un musée, c'est la contemplation intuitive, la truffe en l'air. Je me plante brutalement devant un tableau qui semble me parler plus qu'un autre, un peu comme un idiot béat, j'avance pour scruter tel ou tel détail, je recule, non sans pester contre cet autre crétin qui, entre temps, se sera glissé dans mon champ de vision. Et qui a toujours de grosses fesses, allez comprendre... Nulle tentation encyclopédique de ma part, je fonctionne à l'instinct, sachant parfaitement que mon ignorance laisse sur le bas côté des tas de choses passionnantes mais... pas le temps d'être au four et au moulin. Déjà que la musique me fait comprendre à quel point je ne connais qu'une misérable goutte de son océan... Je ne parle même pas de tous les bouquins que je ne lirai jamais et qui développent chez moi une pénible boulimie inquiète m'obligeant à en lire cinq ou six simultanément, sans être jamais certain d'en finir aucun...

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Avec la peinture, j'entretiens donc des relations amicales et très détendues finalement. Alors quand je suis tombé en arrêt devant une autre toile de ce cher Raoul, j'étais bien, sans chercher à comprendre les raisons profondes de mon bien-être d'un instant. C'était "Le Cargo Noir", peint en 1952, soit un an avant la mort du peintre, à l'âge de 76 ans. Ne me demandez pas d'explications techniques, je ne suis pas le bon client pour ça. Mais ces petites scènes faussement naïves et comme juxtaposées au gré de l'inspiration inventive et colorée de Raoul Dufy font couler dans mes veines un peu du sang frais qui fait tellement défaut à notre quotidien si gris.

C'est aussi simple que ça...

03 novembre 2010

Keystoned

Week-end de la Toussaint, un ciel de plomb coiffe la ville de Lyon. Pluie, nuages, pluie, nuages... Rien de bien réjouissant au-dessus de nos têtes, mais c'est ailleurs qu'il faut chercher le soleil. Celui de la musique par exemple. Alors direction La Clef de Voûte, ce petit caveau niché sur les pentes du quartier de la Croix-Rousse... On se presse autour des quelque soixante sièges qui attendent le public venu nombreux, on se tasse au besoin pour applaudir une bande de jeunes musiciens réunis sous l'appellation très opportune de Keystone Big Band.

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Ceux-là vont nous proposer leur relecture souriante de Count Basie, Duke Ellington, ou de compositions originales concoctées par François Théberge qui fut le professeur de bon nombre d'entre eux. Et n'en déplaise à un éminent jazzologue hexagonal qui leur reproche un académisme préoccupant (sic) ainsi qu'un intérêt trop marqué pour la note au détriment de la musique, force est de constater que les deux sets proposés par ce big band ont sévèrement réchauffé l'atmosphère et insufflé au public une sacrée dose d'énergie bienfaisante. Sous la houlette de Frédéric Nardin (piano) et Jon Boutelier (saxophone ténor), ces jeunes artificiers n'ont pas cherché midi à quatorze heures en partageant tout simplement leur plaisir d'être là. Les thèmes s'enchaînent, chacun y va d'un chorus pétulant, les sourires circulent entre les pupitres et c'est très bien ainsi. Le Keystone Big Band allie le classicisme d'un répertoire patrimonial à la fougue de sa jeunesse : le cocktail est savoureux, inutile donc de rallier le camp des esprits chagrins...

Allez, c'est le moment d'en reprendre une petite gorgée... A votre santé ! Vous avez même le droit d'en abuser...

Un court extrait du concert du Keystone Big Band à la Clef de Voûte (Lyon), le lundi 1er novembre 2010. Ses dix-sept musiciens interprètent "Suburban Beauty" de Duke Ellington.

12 décembre 2009

Italyon

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Le temps d'un long week-end, prolongé jusqu'au début de la semaine suivante, la ville de Lyon se mettait en lumières. La foule se presse, les déambulations sont souvent épuisantes, c'est la fête à la saucisse et à la bière... Au détour d'une rue, il y a cette place - dont j'ai oublié le nom, que les Gones me pardonnent - qui célèbre l'Italie et son cinéma, plus particulièrement celui de Federico Fellini. De quoi me remettre en mémoire un récent séjour à Rome... et de donner l'envie d'y retourner très vite !

03 juillet 2009

Malhabile

Dans notre grande série « On ne peut tout de même pas être sérieux tous les jours », je vous propose de découvrir un affichage dont le moins qu'on puisse dire est qu'il nous laisse perplexe et traduit peut-être un drôle d'inconscient collectif qui peine à accorder une place digne de ce nom à certaines catégories de nos concitoyens... Je me désole de n'avoir pas eu la chance de me trouver face à ce panneau pour le photographier moi-même, malgré plusieurs séjours cette année dans la Capitale des Gaules.

Et j'adresse un amical clin d'œil à celui qui me l'a fait parvenir et qui se reconnaîtra ! Tiens, maintenant que j'y pense, je vais écouter son dernier disque...

 

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07 juin 2009

Classe

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Le trio Prysm (Pierre de Bethmann : piano, Christophe Wallemme : contrebasse et Benjamin Henocq : batterie), qui a connu ses heures de gloire de 1994 à 2001, a eu l'excellente idée de se reconstituer pour les 25 ans du Sunset à Paris et, mieux encore, pour une série de concerts à l'occasion d'une résidence à Lyon. Jouant dans sa formule classique jeudi, le trio invitait vendredi le guitariste Manu Codjia et, hier soir, un très grand monsieur, le saxophoniste transalpin Rosario Giuliani.

Soit une soirée de musique qui frôlait la perfection ! Un cadre magnifique (l'Amphi, au sous-sol de l'Opéra) où le public est tranquillement attablé dans un petit amphithéâtre, une acoustique parfaite, des conditions d'écoute d'autant plus agréables qu'ici, les spectateurs manifestent un vrai respect pour les musiciens (pas de bruits de conversations parasites, pas de verres qui s'entrechoquent, pas de déambulations) et une belle réactivité à chacun des moments forts.

Comment imaginer que ces quatre là n'ont pas derrière eux des années de musique commune tant la mise en place de leur musique est tirée au cordeau ? Le ton est donné d'emblée avec un « D'ici demain » particulièrement percutant et une première intervention de Rosario Giuliani au saxophone alto qui annonce la couleur de la soirée : on va aller très haut ! Qu'elles soient de Prysm ou de Rosario Giuliani, les compositions qui s'enchaînent le temps de deux sets mettent en valeur la redoutable efficacité de la paire Wallemme - Henocq, flamboyante rythmique sur laquelle les deux feux follets que sont Pierre de Bethmann et son invité d'un soir peuvent laisser libre cours à leur imagination et leur lyrisme.

Voilà quatre musiciens qui méritent notre admiration, sans réserve : ils ont les yeux tournés vers le ciel, leur élévation est la nôtre et l'on sort de ces deux heures de jazz enluminé avec une dose d'énergie maximale.

Merci à vous, messieurs, et vivement la prochaine occasion d'une reformation de Prysm ! 

10 octobre 2008

Penché

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Sont bizarres les lyonnais, non ? Je me baladais tranquillement l’autre jour dans les rues de la capitale des Gaules lorsque j’ai aperçu cet homme qui tentait un drôle d’équilibre au bord du trottoir. Il est resté dans cette posture pendant un bon bout de temps, je n’ai pas osé lui demander si tout allait bien pour lui…

06 octobre 2008

Nocturne

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A la (re)découverte de Lyon, une ville que j’avais très rapidement visitée voici une vingtaine d’années. Et ce magnifique jeu de lumières qui s’offre à nous, une fois la nuit tombée, quand nous accédons au cœur historique de la capitale des Gaules.

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