27 décembre 2011
Ping Machine - Des trucs pareils
Il est des disques qui s’imposent. On sait tout de suite qu’on vient de découvrir une pépite qui va nous tenir compagnie un bon bout de temps. Ils affirment leur personnalité, et on ne saurait dire si leur qualité première est d’exprimer un esprit collectif puissant ou de transmuer l’amalgame d’individualités en ensemble soudé. Ils traduisent, avec toute l’élégance de leur énergie créative, le travail d’un toutinventif, constamment sur la brèche, qui déploie des couleurs en perpétuel renouvellement au fil d’une exploration passionnante. Une aventure bariolée, qui ne laisse jamais l’auditeur au bord de la route.
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20 décembre 2011
Le grand Bob avec un trombone à pistons
Tout cela ressemble un peu à une mauvaise série, dont je commence à ne plus supporter les caprices d’un scénariste bien mal inspiré. Peut-être aussi que la grisaille de ce monde nous rend plus intolérable encore la disparition d’artistes qui ont consacré une grande part de leur vie à tenter d’illuminer la nôtre, pendant que les mafias de tout poil ne cachent même plus le pouvoir qu’elles se sont arrogé et déversent leur arrogance criminelle sur des peuples dont la capacité de résistance à la souffrance étonne plus que jamais.
Souvenons-nous : il y a quelque temps, un grand monsieur du jazz, le batteur Paul Motian, nous quittait. J’avais évoqué ici-même sa disparition et fait part de l’émotion du contrebassiste Henri Texier, qui l’admirait et le connaissait bien puisqu’il avait fait appel à son immense talent le temps d’un disque appelé Respect. Cet album, paru en 1997, était pour lui l’occasion de réunir un all stars : outre le batteur, quelques figures de légende étaient conviées à la fête ; il y avait là en effet Lee Konitz (saxophone alto), Steve Swallow (basse électrique) et Bob Brookmeyer (trombone).
Comment imaginer qu’en l’espace de quelques jours, cette belle équipe se verrait brutalement amputée par une nouvelle disparition ? Le grand Bob Brookmeyer vient, lui aussi, de s’envoler, ajoutant des larmes à notre tristesse… Il aurait eu 82 ans hier.
Je laisse aux biographes le soin de nous raconter la somme d’expériences que le tromboniste (dont l’instrument de prédilection avait la caractéristique d’être doté de pistons) a pu vivre au cours de sa vie de musicien. Mais tout de même : Mel Lewis, Coleman Hawkins, Ben Webster, Charlie Mingus, Jimmy Giuffre, Jim Hall, Bill Evans, Clark Terry, entre autres, croisèrent son chemin ; sans oublier quinze ans de travail aux côtés de Stan Getz, avant de rejoindre Gerry Mulligan ! Pas mal, non ?
Depuis une trentaine d’années, Brookmeyer avait souvent installé ses quartiers en Europe, à Cologne ou Stockholm notamment, en tant que compositeur ou chef d’orchestre (avec le New Art Orchestra), tout en poursuivant une carrière d’enseignant aux Etats-Unis.
Il venait tout juste de publier un disque dans lequel il revisitait des Standards, avec le New Art Orchestra, preuve d’une vitalité jamais prise en défaut.
Pour ne pas oublier le grand monsieur qu’était Bob Brookmeyer (quel son magnifique !), voici un duo avec le guitariste John Scofield, enregistré je crois en 1979 ou 1980. Tous deux nous interprètent « Moonlight In Vermont », dans une version d’une grande sensibilité épurée. La fin de la vidéo, à partir de 3’55, est plus absconse pour moi car néerlandophone, même si je crois deviner que l’un des interlocuteurs évoque la particularité pistonnesque du trombone de Bob Brookmeyer.
PS : dans le sillage de Bob Brookmeyer, Cesaria Evora tirait elle aussi sa révérence en fin de semaine dernière. Avis au Grand Ordonnateur des pompes funèbres : j’ai d’autres noms à lui suggérer, parce que je le trouve vraiment mal inspiré… même s’il a cherché tout récemment à se rattraper du côté de la Corée du Nord. Mon agence de notation personnelle lui attribue volontiers un ZZZ.
08:01 Publié dans Entendu | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : bob brookmeyer, trombone, jazz, citizen jazz |
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13 décembre 2011
Galettes de rois... et de reines !

Disques de l'année... L’exercice peut paraître vain, tout comme l’idée d’un palmarès, mais comme l'ami Franpi s'y est collé, alors j'y vais de ma petite liste. Ici je vous propose en toute simplicité un rapide retour en arrière sur les mois qui viennent de s’écouler, en essayant, sans trop réfléchir toutefois, de penser aux disques (je me suis volontairement limité à ce qu’on appelle communément le jazz) dont les musiques me trottent dans la tête… C’est très injuste pour tous les autres – si nombreux – dont une petite sélection tout aussi incomplète vous est proposée à la fin de cette note. Je précise enfin que l’ordre de cette douzaine dorée ne répond à aucune logique particulière.
Libre(s)Ensemble
Pour sa démarche libertaire, ses élans et le souffle de ses influences, qui vont d’Ornette Coleman à King Crimson en passant par le Liberation Music Orchestra. Du grand art pour un grand ensemble. La bande à Tocanne frappe fort, elle qui nous séduisait déjà beaucoup avec 4 New Dreams et continue de nous passionner avec Mad Kluster Vol. 1. Libre(s)Ensemble n'en finit pas de tourner en boucle par ici…
Artaud : Music From Early Times
Trop méconnu et pourtant quel disque ! Vincent Artaud, compositeur, arrangeur, multi instrumentiste, réinvente son propre monde un peu mystérieux, celui des origines, entre grands espaces inquiets et paysages brûlants. Une certaine vision de l’infini passée inaperçue pour des raisons tout aussi mystérieuses… Il n’est jamais trop tard pour bien faire.
Perrine Mansuy Quartet : Vertigo Songs
Parce qu’il y a chez la pianiste et ses complices ce brin de folie onirique dont le charme opère instantanément. Une apparence de classicisme sous une trame très mélodique qui cède vite la place à un univers poétiquement décalé. La guitare de Rémy Decrouy est envoûtante, les percussions de Jean-Luc Difraya sont des enluminures et le chant de Marion Rampal nous embarque dans ses espiègleries. Perrine Mansuy nous enchante…
Sphère : Parhélie
Jean Kapsa, Antoine Reininger, Maxime Fleau. Ils sont jeunes, ils ont du talent à revendre. Leur premier disque, d’une grande maturité, n’est jamais démonstratif. La sérénité de leur propos vient apporter un contrepoint pacifié au quartet Festen, une autre formation subtilement créatrice de tension dont deux des musiciens du trio Sphère sont les membres très actifs. Tout ce petit monde est décidément passionnant.
Ping Machine : Des trucs pareils
Coup de cœur pour ce quasi big band aux envolées chaudes et puissantes, au sein duquel chaque musicien s’exprime dans un état de liberté dont on ressent vite le besoin à la manière d’une dépendance. Une réponse flamboyante aux fossoyeurs récurrents du jazz, qui est ici plus que vivant. Il bouillonne !
Maria Laura Baccarini : Furrow
Ou comment faire voler en éclats le répertoire de Cole Porter jusqu'à le rendre méconnaissable et lui donner une nouvelle dimension, fulgurante, entre jazz et rock, au point de dessiner parfois le portrait d’une version contemporaine du rock progressif. La voix de l’italienne est ici l’un des six instruments d’un groupe terriblement inventif. On se réjouit des prestations inspirées de Régis Huby ou Eric Echampard... et des autres !
Pierrick Pédron : Cheerleaders
Les majorettes du saxophoniste sont un peu énigmatiques. Rêve ? Réalité ? Allez savoir. Elles sont ici le prétexte à une suite d’histoires dans laquelle le sextet de Pierrick Pédron, ne cherche pas seulement à donner un prolongement au captivant Omry. Il est l’affirmation singulière d’une puissance aux couleurs presque rock et d’une créativité dont le jazz a le secret. Bref, c’est assez explosif et très chaleureux. Comme Pierrick Pédron lui-même.
Samuel Blaser : Boundless
Le jeune Helvète est un tromboniste prolifique qui n’hésite pas à bousculer notre confort douillet pour nous inviter à partager ses déambulations très imaginatives. Son association en quatuor dans lequel le guitariste Marc Ducret est parfait comme d’habitude, séduit par un cheminement complexe mais toujours débordant de vitalité. Quelques mois plus tôt, Blaser nous offrait avec Consort In Motion une relecture originale de Monteverdi, avec l’appui du regretté Paul Motian. Il était aussi de la fête des 4 New Dreams de Bruno Tocanne.
Stéphane Kerecki & John Taylor : Patience
Un duo presque nocturne, contrebasse et piano. Deux générations dont la conversation est une démonstration lumineuse. Ce disque est à sa manière une incarnation de l’harmonie vers lequel on revient naturellement, en toute confiance.
Stéphane Belmondo : The Same As It Never Was Before
Ici, il faudrait parler d’épanouissement. Le trompettiste est au meilleur d’une forme qui doit aussi beaucoup au talent de ses comparses et particulièrement d’une paire américaine de grande expérience, le pianiste Kirk Lightsey et le batteur Billy Hart. Un disque à savourer, tranquillement, pour sa plénitude et la sagesse qu’il dégage.
Lionel Belmondo "Hymne au Soleil" : Clair Obscur
Frère du précédent, le saxophoniste poursuit sa quête, celle du passage entre des univers qui ne sont séparés les uns des autres que dans les esprits les plus étroits. Suite d’Hymne au Soleil, Clair Obscur jette de nouveaux ponts entre la musique dite classique du début du XXe siècle et le jazz. Son « Nocturne », qui va de Gabriel Fauré à John Coltrane, est magnifiquement emblématique de la démarche d’un musicien habité.
Giovanni Mirabassi : Adelante
Le pianiste italien remet le couvert ! Dix ans après Avanti, Adelante se présente comme un manifeste avec sa succession d’hymnes puisés dans le patrimoine mondial de la résistance à l’oppression. Cette apologie de la liberté s’exprime dans toute la puissance d’une interprétation solitaire et méditative.
Et pour quelques galettes de plus
Je n’oublie pas, parmi des dizaines et des dizaines d’autres : Canto Negro (Henri Texier Nord Sud Quintet), Dig It To The End (Tonbruket), Five (Prysm), Songs Of Freedom (Nguyen Lê), The Crow (Plaistow), Avec deux ailes (Sébastien Llado Quartet), Heterotopos (D!Evrim), Seven Seas (Avishai Cohen), Prétextes (Christophe Dal Sasso), Downtown Sorry (Roberto Negro Trio), Nos sons unis (Big 4), Tower # 1 (Marc Ducret)… à vous de compléter maintenant.
Il faudrait plusieurs vies, quand on y réfléchit...
20:25 Publié dans Entendu | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : jazz, bruno toccane, vincent artaud, perrine mansuy, sphère, ping machine, maria laura baccarini, pierrick pedron, samuel blaser, stephane kerecki, john taylor, stephane belmondo, lionel belmondo, giovanni mirabassi |
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25 octobre 2011
Improjazz
Je ne sais pas si vous êtes au courant, mais la ville de Blois compte parmi ses habitants un fou furieux qui, depuis des lustres, se bat avec un acharnement qui force l’admiration pour défendre et partager une passion que je lui ai toujours connue. Quand je dis toujours, je n’exagère pas puisque je me rappelle l’époque de mon enfance à Verdun et la forte propension du personnage à ne parler que de musique avec mon frère, dont il était un camarade de classe. Je crois même me rappeler qu’en ces temps reculés – chut, ne le dites à personne - il vouait un vrai culte aux Rolling Stones… Philippe Renaud – c’est lui que j’évoque ici – s’est forgé une solide réputation en créant voici un bon paquet d’années Improjazz, un magazine mensuel disponible par abonnement uniquement et dont le dernier numéro en date est le cent-soixante-dix-neuvième. C’est dire que le temps passe…
Attention ! Ce magazine d’information musicale est probablement un cas unique, pas seulement en raison de sa longévité, ni par la ténacité de son créateur et de ceux qui l’entourent mais par son concept et son esthétique. Dédié principalement au jazz et tout particulièrement à ses formes improvisées, Improjazz s’adresse exclusivement aux lecteurs. N’y voyez pas là un truisme, mais plutôt une nécessaire explication : par sa mise en page austère presque inchangée depuis son origine, par la densité des textes qui le composent, la publication ne cède en rien aux canons actuels de la communication écrite et n’ira pas vous tirer par le bout de la manche pour se vendre. Bref, vous m’aurez compris, on aura du mal à le feuilleter pour regarder les illustrations, rares et monochromes ; bien au contraire, on ouvre Improjazz comme on le ferait d’un livre : il faut un peu de temps devant soi et vouloir découvrir une foule d’artistes dont, probablement, vous n’aurez jamais entendu parler.
Objet de curiosité, publication pour curieux, Improjazz ne vit que par la foi de l’équipe de Philippe Renaud et par les abonnements de ses lecteurs. En ces temps chahutés où je ne sais quel comité Théodule est réuni par celui qu’on prétend être Ministre de la Culture pour se pencher au chevet du jazz, il est aussi de notre devoir de valoriser un soutien aussi fidèle au monde de la musique.
07:00 Publié dans Lu | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : improjazz, philippe renaud, jazz |
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23 octobre 2011
Le bon temps
Un guitariste nancéen, que je connais de longue date parce qu’il fut notamment l’un des enseignants de mon fils lors de ses années d’apprentissage musical, a publié tout récemment un disque autoproduit dont j’aimerais dire ici quelques mots, avant de l’évoquer un peu plus longuement dans les colonnes de Citizen Jazz. Avec son titre un peu nostalgique, Those Were The Days (qu’on pourrait traduire par « C’était le bon temps ») est le second album de Sylvain Courtney, après sa Bal(l)ade Faubourg qui avait vu le jour en 2007. Qui connaît un peu Sylvain saura que ce disque lui ressemble : paisible, fluide et élégant, un peu à l’image de sa longue silhouette et d’une convivialité jamais forcée. Au-delà d’influences revendiquées (notamment celle de la génération de jeunes guitaristes tels que Jonathan Kreisberg ou Lage Lund), Sylvain Courtney sait capter l’attention par un phrasé dont l’expressivité chaleureuse n’est jamais entravée par une technique trop démonstrative. Voilà un disque bienfaisant, d’une sérénité virtuose mais limpide, qui très vite circule en vous pour s’insinuer tranquillement dans votre discothèque des jours de soleil.
En écoute : « Those Were The Days », extrait de l’album éponyme par le Sylvain Courtney Quartet.
Sylvain Courtney : guitare ; Jean-Yves Jung (piano) ; Damien Varaillon (contrebasse) ; Jean-Marc Robin (batterie) + Michael Alizon (saxophone).
09:51 Publié dans Entendu, Vécu | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sylvain courtney, jazz |
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03 janvier 2011
Nord-Sud
Dans ma précédente note, j'ai évoqué parmi les vingt disques que j'avais sélectionnés* pour l'année 2010 un album à paraître... à la fin du mois de février 2011 chez Label Bleu, le très beau Canto Negro du Nord-Sud Quintet du contrebassiste Henri Texier, ce grand monsieur qui me fait l'honneur d'être devenu un ami. En deux ou trois lignes, je laissais entendre qu'il s'agissait, une fois encore, d'un disque magnifique (et ce n'est pas là une flatterie de ma part, mais juste le constat de cette bienfaisante chair de poule qui vous gagne très vite à l'écoute de sa musique), dont je parlerai dans quelque temps, au moment de sa sortie, sur Citizen Jazz. Entre temps, il me faudra avoir entrepris l'ascension d'un redoutable sommet, celui que constitue aujourd'hui la pile de disques qui me restent à chroniquer. Mais nous sommes au début du mois de janvier, c'est le temps des résolutions, les miennes sont bonnes et ce travail d'écriture constitue ma priorité. C'est dit...
Je pense qu'Henri Texier ne m'en voudra pas de citer un extrait du message qu'il m'a envoyé après la parution de ma sélection. Il tenait à me remercier pour cette "pré-chronique", faisant par ailleurs état de ses interrogations, en cette période si difficile pour les artistes. "C'est vrai que je suis connu, mais il faut toujours défendre son univers et franchement ce n'est pas facile... Je serais très heureux que cette nouvelle facette du Nord-Sud puisse exister...".
Voilà qui me paraît justifier, plus que jamais, le combat que nous devons tous mener, chacun à la mesure de ses moyens, afin de résister à l'utilitarisme au quotidien qui semble devenu la règle de conduite de nos sociétés, pour le profit d'une minorité cynique et inconséquente, écrasant de tout le poids de sa stupidité financière des peuples entiers, victimes d'une dictature perverse et non assumée. A nous, en effet, de défendre tous ces Nord-Sud, ces magiciens funambules qui, par leur expression, cherchent à nous élever, à nous maintenir dans un état de vigilance dont on sent bien qu'il devient désormais, plus qu'un nécessité, un réflexe de survie.
Alors oui, mon cher Henri, mais aussi vous tous qui avez décidé d'emprunter ces chemins de traverse si chaotiques de l'art, nous sommes là, avec nos petites mains, avec nos voix parfois à peine audibles, à vos côtés pour vous encourager et vous faire savoir que vous existez et que nous avons impérativement besoin de vos élans créatifs.
Car plutôt que de s'enfoncer dans une stérile morosité, il est bon aussi de retrousser ses manches et de savoir dire non. Un non qui veut dire oui à la défense de l'intelligence !
* Il va sans dire qu'aussitôt ce texte publié, ma petite liste s'est avérée bien partielle car bon nombre de disques me sont revenus à l'esprit...
22:07 | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : henri texier, jazz, musique, canto negro |
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21 décembre 2010
Une fête pour la neige
Le Z Band sévit à nouveau. Chaque trimestre, notre bande de "jazzblogueurs" vous convie à un petit rendez-vous musical, histoire de partager ses passions du moment... Pour tous, un fil conducteur : aujourd'hui, c'est l'hiver et ses rigueurs qui ont incité ses honorables membres à vous proposer un disque, une formation... ou toute autre création à la seule condition qu'elle soit à même de faire fondre la neige.
L'occasion pour moi de revenir, quelques jours seulement après une chronique écrite pour Citizen Jazz (par ailleurs relayée dimanche dans ce blog), sur Festen, un quartet stimulant qui ne se contente pas de revendiquer un amour vrai pour le rock, mais va beaucoup plus loin parce que les jeunes musiciens qui le composent savent habiter leur propos de leurs autres passions, au premier rang desquelles on trouve bien sûr le jazz. Leur premier album éponyme, récemment publié, témoigne d'une belle maturité et attire l'attention par un vrai soin porté tant à l'écriture de mélodies qui accrochent très vite l'oreille qu'à la mise en oeuvre d'un projet intrinsèquement collectif.
Voilà donc une formation qui, comme son nom l'indique, fait la fête à la musique ! Nul doute qu'en l'écoutant, vous constaterez que la neige fond et que le soleil revient...
On m'aura pardonné, j'imagine, d'avoir choisi de "remettre une couche" au sujet de Festen. Normal puisqu'il est ici question de neige. Puisqu'on vous dit qu'elle va fondre... Et pour vous donner un avant-goût, une petite captation au Golden Jazz Trophy d'Arras en 2010, où le groupe a reçu une juste récompense...
"Fairbanks" - Festen live at Golden Jazz Trophy (Arras, 2010)
Damien Fleau (saxophone soprano), Jean Kapsa (piano), Oliver Degabriele (contrebasse), Maxime Fleau (batterie).
On n'oublie pas les amis : les autres textes du Z Band
Jazz'O'Centre
Ursus Minor, funk la neige !
Jazzques
Carlos Villoslada
Jazz à Paris
Dolphy - Varese - Coltrane - Stockhausen (par Frédéric Maintenant)
Jazz Frisson
Manon, viens danser le ska
Belette & Jazz
Soleil d'hiver
Ptilou's Blog
Benzine & Soo Bin Park au Jazzycolors 2010
15:37 Publié dans Entendu, Vu | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : festen, jazz, rock, z band |
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10 novembre 2010
IMA bien plu
Allons allons, les pleurnicheries automnales ne sauraient tenir lieu de fil conducteur à mon petit laboratoire textuel... La tentation est grande pourtant : tenez, pas plus tard qu'hier soir, j'ai détruit mon parapluie. Un gros coup de vent, le machin fabriqué chez les Chinois se retourne violemment et se désintègre, sans le moindre cri de souffrance. Je pense toutefois avoir battu mon record personnel en maintenant en vie l'objet protecteur durant plus de six mois. D'habitude, c'est deux ou trois, rarement plus... Eh bien vous savez quoi ? Ça m'a fait marrer ! Je me suis dit que la prochaine fois, je choisirais un robuste modèle made in Aurillac en non pas en RPC, comme disent les marchands avides. Certes, la chose me coûtera quelques brouzoufs de plus, mais j'aurai ma conscience pour moi.
Pourquoi est-ce que je vous dis tout ça, au fait ? Ah oui : hier soir donc, plutôt que de me morfondre en lamentations pluvio-lorraines (je compte bien cependant m'adonner régulièrement à cette activité maniaco-dépressive dans les semaines à venir), j'ai bravé la pluie battante pour rallier la petite salle du Quai Son où, un lundi sur deux environ, se tiennent les lundis de l'IMA, sous la houlette de Jean-Marie Viguier. Je ne vous en dis pas plus sur ce sympathique rendez-vous nancéien et néanmoins musical, sachant que j'ai dans mes cartons un petit entretien avec le monsieur pour Citizen Jazz.

Jean-Marie Viguier © Jacky Joannès
Le Quai Son – qui tire son nom de son implantation Quai Claude Le Lorrain et de sa nette tendance à émettre des sons – est une petite salle, avec un bar, quelques tables et chaises. Au fond, une scène. Voilà, c'est aussi simple que ça, mais on pourra ajouter que le lieu est plutôt accueillant, avec sa lumière tamisée, son public à effectif variable mêlant musiciens et autres habitués qui finissent par former un petit club. Hier soir, l'invité était le saxophoniste Vincent Thékal entouré de ses trois complices belges : Laurent Melnyk à la guitare, Michel Vrydag à la basse (et aux compositions), Kris Duerinckx à la batterie.

Vincent Thékal © Jacky Joannès
Voilà un combo tout en énergie savante dont le jazz élaboré n'a jamais manqué un seul instant de cette composante essentielle qu'on pourrait baptiser la vi(e)vacité. On me pardonnera ce quasi néologisme qui me semble un bon raccourci du ressenti à l'écoute du répertoire de Vincent Thékal. Les compositions originales du groupe sont entrecoupées de quelques reprises parmi lesquelles celles de Wayne Shorter sont en bonne place (« Juju », « Speak No Evil »), ce dont on ne saurait se plaindre. Une heure et demie dans une ambiance presque cosy, à écouter une musique vivante : franchement, que voulez-vous demander de plus en ces heures grises ?
On attend le prochain rendez-vous...
06:00 Publié dans Entendu, Vécu, Vu | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : le quai son, jean-marie viguier, vincent thékal, jazz |
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03 novembre 2010
Keystoned
Week-end de la Toussaint, un ciel de plomb coiffe la ville de Lyon. Pluie, nuages, pluie, nuages... Rien de bien réjouissant au-dessus de nos têtes, mais c'est ailleurs qu'il faut chercher le soleil. Celui de la musique par exemple. Alors direction La Clef de Voûte, ce petit caveau niché sur les pentes du quartier de la Croix-Rousse... On se presse autour des quelque soixante sièges qui attendent le public venu nombreux, on se tasse au besoin pour applaudir une bande de jeunes musiciens réunis sous l'appellation très opportune de Keystone Big Band.

Ceux-là vont nous proposer leur relecture souriante de Count Basie, Duke Ellington, ou de compositions originales concoctées par François Théberge qui fut le professeur de bon nombre d'entre eux. Et n'en déplaise à un éminent jazzologue hexagonal qui leur reproche un académisme préoccupant (sic) ainsi qu'un intérêt trop marqué pour la note au détriment de la musique, force est de constater que les deux sets proposés par ce big band ont sévèrement réchauffé l'atmosphère et insufflé au public une sacrée dose d'énergie bienfaisante. Sous la houlette de Frédéric Nardin (piano) et Jon Boutelier (saxophone ténor), ces jeunes artificiers n'ont pas cherché midi à quatorze heures en partageant tout simplement leur plaisir d'être là. Les thèmes s'enchaînent, chacun y va d'un chorus pétulant, les sourires circulent entre les pupitres et c'est très bien ainsi. Le Keystone Big Band allie le classicisme d'un répertoire patrimonial à la fougue de sa jeunesse : le cocktail est savoureux, inutile donc de rallier le camp des esprits chagrins...
Allez, c'est le moment d'en reprendre une petite gorgée... A votre santé ! Vous avez même le droit d'en abuser...
Un court extrait du concert du Keystone Big Band à la Clef de Voûte (Lyon), le lundi 1er novembre 2010. Ses dix-sept musiciens interprètent "Suburban Beauty" de Duke Ellington.
07:00 Publié dans Entendu, Vécu, Vu | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : keystone big band, jon boutelier, clef de voûte, lyon, jazz, duke ellington |
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20 septembre 2010
L'œil et la main...

Cette fois, c'est la dernière ligne droite ! Encore un tout petit travail de rédaction - mais pas un portrait - et j'aurai mis un terme à mes petites activités musico-littéraires sur lesquelles je planche depuis la fin du mois de mai... Voilà une expérience qui m'aura comblé au-delà de toutes mes espérances, quels qu'en soient le résultat et l'accueil que réservera le public à deux visions complémentaires de ces musiciens qui seront à l'honneur pendant plus de deux semaines à la Médiathèque de Laxou.
Moins simple qu'elle n'y paraît, la petite histoire qu'on a envie de raconter en quelques lignes est le fruit d'une méthode que je me suis appliquée de manière assez rigoureuse : une fois les artistes sélectionnés d'un commun accord avec mon complice Jacky Joannès, j'ai toujours procédé de la même façon. Essayer de faire le vide pendant de longues minutes, puis penser silencieusement au musicien et noter immédiatement les premiers mots qui me venaient à l'esprit. Et tenter de me débrouiller avec tout ça pour raconter quelque chose, qui ne soit ni biographie ni chronique... Non, autre chose que j'aurais bien du mal à définir. Une tentative un peu littéraire, dirais-je...
Tout le reste se sera apparenté à un travail que je qualifierai volontiers d'artisanal. Car une fois la forme dégrossie, il a fallu polir avec patience pour parvenir à un résultat que je n'oserais qualifier de satisfaisant mais dont la musique des mots se trouvait en harmonie avec ce que m'inspirait chacun des artistes.
Dans quelques jours, de toute façon, ce travail ne m'appartiendra plus.
PS : merci à Elise pour les menues retouches apportées à ce self made visuel !
21:29 Publié dans Vécu | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : portraits croisés, textes, photographies, jazz, exposition, laxou |
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