lundi, 31 mai 2010

Contrebasses

J'écris actuellement une brève trilogie pour Citizen Jazz, histoire de relater quelques instants captés sur scène en Lorraine. Un chouette concert de Los Hombres au Quai Son à Nancy sous la houlette de Jean-Marie Viguier, une démonstration de Sound Painting menée par le toujours jeune François Jeanneau (cf. une précédente note) et pour finir, le concert rendu de la dernière soirée du Marly Jazz Festival, dont l'invité était Sébastien Texier venu présenter son trio, augmenté d'un « papa Henri » volubile.

Ce n'est pas faire injure au talent du fiston clarinettiste - saxophoniste (il n'en manque pas, loin s'en faut) que de souligner à quel point le dialogue bondissant entrepris entre deux contrebasses, celle d'Henri Texier et du fiévreux Claude Tchamitchian, fut le grand moment de cette dernière page d'une édition 2010 de qualité.

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Entre la soie mélodique des pizzicati du premier et les attaques nerveuses, presque coupantes, du second à l'archet, on était bien en compagnie de ces frères d'armes dont on devine que les déclarations n'étaient pas celles d'une guerre sans merci mais d'une défense sans concession d'un art majeur. A suivre donc, très bientôt...

dimanche, 31 janvier 2010

Filiation

Dans une chronique à paraître très prochainement sur Citizen Jazz*, j'évoque la relation familiale qui me semble unir la musique de Sébastien Texier à celle de son père, le contrebassiste Henri Texier. J'ai eu l'occasion de m'entretenir dernièrement avec ce dernier sur ce sujet après un concert donné par le trio africain constitué, outre Henri Texier, de Louis Sclavis (saxophone soprano et clarinettes) et d'Aldo Romano (batterie). Nous étions à Chalons-en-Champagne, près du bar de la très belle salle de la Comète. Une conversation instructive qui montre que cet apparentement ne semble pas si marquant pour le contrebassiste, lui qui vit ces choses-là de l'intérieur.

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Henri Texier & Maître Chronique au Sunset, en avril 2007 © Fabrice Journo

« Je ne me rends pas bien compte, je sais que Sébastien et moi, on a beaucoup de points en commun sur le plan musical, à part le fait d'avoir les mêmes gènes. Mais depuis toujours, ses goûts musicaux, je les ai appréciés aussi et peut-être que ce sont toute une quantité de strates qui se sont accumulées. Franchement, j'entends toutes ses mélodies, elles me conviennent, certaines me plaisent beaucoup. Cela dit, je ne sens pas une filiation particulière, mais je suis d'accord, je suis complètement d'accord avec ce qu'il a fait dans cet album, avec ou sans moi, lui et ses potes. Je n'ai pas mis mon grain de sel et je me suis senti parfaitement à l'aise. Mais bon, je ne suis pas trop bien placé pour donner un avis... Sébastien, il a grandi là-dedans, il n'a pas grandi avec Johnny Hallyday, il a grandi avec nous ! De plus, il a trouvé un vocabulaire, un idiome, c'est une espèce de quête, de tissage. Il y a des brins, des motifs, qui font leur propre étoffe. »

podcast

En bonus, une petite carte postale sonore sous la forme des premières minutes du concert de Romano Sclavis Texier à Chalons-en-Champagne avec un extrait de "Daoulagad" (Henri Texier). Un concert sur lequel nous reviendrons plus en détail dans un prochain article pour Citizen Jazz.

* Consacré au dernier disque du trio de Sébastien Texier, Don't Forget You're An Animal.

dimanche, 25 janvier 2009

Sentimental

love_songs_reflexions.jpgJ’aurai l’occasion de revenir plus longuement sur le nouveau disque d’Henri Texier, Love Songs Reflexions, paru la semaine dernière chez Label Bleu. J’ai sur le feu en effet une chronique de cet album habité qu’on pourra lire prochainement sur le site de Citizen Jazz, agrémentée d’une interview que le contrebassiste m’a fait l’amitié de m’accorder. Ses propos viendront se croiser avec ma propre perception du disque et j'espère que le résultat sera à la hauteur de cette heure de musique... En attendant cette publication, voici pour vous donner envie d’en écouter beaucoup plus un court extrait de  «In A Sentimental Mood» dont il était question ici-même voici trois jours seulement.

Sébastien Texier : saxophone alto, Manu Codjia : guitare, Christophe Marguet : batterie, Henri Texier : contrebasse

jeudi, 22 janvier 2009

Synchronicité

Pas de panique, je ne vais pas me lancer dans une note à fort dosage jungien… C’est juste que j’aime observer des phénomènes dont l’apparition semble comme organisée, selon un calendrier mystérieux et parfois malicieux. Tenez par exemple : il y a à peine plus d’un an, 368 jours exactement, mon entourage proche complotait pour fêter mon cinquantième anniversaire et demandait à quelques amis de choisir un thème musical mais aussi d’écrire un petit texte à mon intention, histoire de fêter l'événement. Parmi ces complices figurait Henri Texier dont le choix s’était porté sur «In A Sentimental Mood», dans la version qu’en avaient donnée Duke Ellington et John Coltrane en 1962. Un an après, et très exactement au jour de mon anniversaire, arrivait dans ma boîte aux lettres (merci Hélène…) le nouveau disque d’Henri Texier, Love Songs Reflexions (que j’évoquerai ici prochainement). Un enregistrement dans lequel le contrebassiste et ses musiciens revisitent quelques standards du jazz, des «love songs», parmi lesquels figure en bonne place «In A Sentimental Mood»… A écouter cette nouvelle version, épurée et d’une sérénité émouvante, je me dis que le choix fait par Henri Texier un an plus tôt était de sa part un témoignage auquel je suis particulièrement sensible.

dimanche, 02 novembre 2008

Histoire

blue_wind_story.jpgCette Blue Wind Story constitue un excellent guide d’initiation à la musique d’Henri Texier. Avec une compilation proposant plus de deux heures de musique sélectionnées dans son répertoire en tant que leader au cours des vingt dernières années (tous les disques originaux étant disponibles chez Label Bleu), le contrebassiste administre une formidable démonstration de lyrisme. Sa musique – un chant – est aussi l’occasion pour ses nombreux compagnons, tous prestigieux, de donner le meilleur d’eux-mêmes, comme ici François Corneloup dont le chorus au saxophone baryton sur «Lady Bertrand» est un petit moment de magie. Voilà un disque qui risque de donner l’envie à pas mal de gens d’en savoir un peu plus sur ce grand monsieur qu’est Henri Texier. Et ils auront bien raison !

On peut acheter le disque ICI par exemple.