mardi, 29 septembre 2009

Seul

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Christian Vander au Triton, le samedi 26 septembre 2009 © Marco Tchamp

Singulière impression, assez émouvante en fait, qui vous gagne après la troisième "sortie" en solitaire de Christian Vander sur scène. Il y avait d'abord eu Eysines, puis le Japon. Samedi dernier, celui qui est l'âme de Magma investissait le Triton, aux Lilas. Pleine comme il se doit, la salle a découvert un homme se livrant à nu, sans artifice, dans un corps à corps parfois rude avec un piano qu'il a apprivoisé en autodidacte. Jean-Pierre Vivante, le patron des lieux, avait requis le silence - "pas de caméras, pas d'appareils photos qui font du bruit" : juste l'écoute attentive d'un artiste qui se livre humblement, comme à la maison, mais ici visiblement gagné par le trac. Comme si nous étions invités à le rejoindre au coeur de sa démarche créatrice. Je reviendrai beaucoup plus en détail sur ce concert dans le cadre d'un article pour Citizen Jazz, et vous laisse en attendant une brève carte postale sonore et visuelle.

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En écoute, quelques minutes extraites de "Ügüma Ma Mëlïmëh Gïngeh".

dimanche, 24 mai 2009

Quintessence

SJCD-2005_h1_04.jpgMagma. Oui, encore Magma. Parce qu'au détour de la publication de « Live in Tokyo », un double CD enregistré en 2005 et disponible uniquement en ligne sur le site de Seventh Records ainsi que dans les bacs des disquaires japonais, le groupe nous fait un très beau cadeau avec une monumentale version pour voix et piano d'une trilogie Theusz Hamtaahk condensée en 50 minutes : une interprétation des Voix de Magma qui vient s'installer très très haut dans le palmarès discographique de la planète Kobaïa. Dépouillée de sa charge électrique, livrée à elle-même sans l'appui d'une batterie qu'on sait d'habitude déferlante et hypnotique, la musique de Christian Vander est proposée là dans ce qu'elle a de plus essentiel, de plus vital. Pas une seconde de cette musique qui ne soit transcendée par la foi brûlante de son compositeur, qui nous gratifie, soit dit en passant, d'un magnifique « Nebëhr Gudahtt » où le chanteur est à son zénith, se livrant à l'exercice si redoutable du « scat kobaïen ». Un sommet dans l'histoire de ces 40 ans de musique.

Le disque propose également une version électrique de « K.A », beaucoup moins indispensable dans la mesure où Magma nous en avait proposé une très belle captation sur l'un des DVD de la série Mythes & Légendes, à peu près à la même époque.

Mais ces Voix de Magma justifient à elles seules l'achat du disque, qui n'est pas à réserver aux seuls collectionneurs et autres inconditionnels, parce qu'elles constituent une belle porte d'entrée vers l'univers de la Zeuhl et propulsent la musique vers les sphères de l'intemporel.

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jeudi, 21 mai 2009

Nu

CV-To-Love.jpgSeventh Records réédite très opportunément dans une version remasterisée un album solo de Christian Vander datant de plus de 20 ans maintenant. To Love fut en effet publié à la fin de l'année 1988 et ce disque constituait pour pas mal de gens une vraie surprise. Loin des fureurs de Magma, l'artiste se présentait face à nous presque seul, au piano. Seule la fidèle Stella venait illuminer de sa présence vocale cette musique intimiste, dépouillée, douloureuse (le disque étant un hommage à un ami trop vite disparu) et d'inspiration très spirituelle. En 2009, Christian Vander se lance un nouveau défi : celui de se produire seul en scène, au chant et au piano. L'angoisse préliminaire au récent concert donné en l'église d'Eyzines s'étant dissipée, et malgré un peu de casse matérielle (un touche de piano brisée), cette nouvelle aventure pourrait bien connaître d'autres épisodes tant sa réussite semble avérée par un public chaleureux et conquis. En attendant que Christian Vander vienne se produire du côté de chez vous, pourquoi ne pas prêter une oreille attentive à To Love qui, on s'en doute, n'a pas pris une seule ride et continue d'envoûter ?

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dimanche, 01 mars 2009

Félicité

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Crédit photo © Jacky Joannès

Une foule tranquille s’est retrouvée hier soir dans le béton rouge vif de l’Autre Canal à Nancy. Après avoir fêté des «quarante ans d’évolution» deux semaines plus tôt au Casino de Paris, Magma passait par la Lorraine… Grand bien lui en a pris, car si le confort de la salle est… spartiate (quelques places assises seulement sur des gradins amovibles), l’acoustique est impeccable, ce qui reste un incomparable bénéfice pour les oreilles de tous (les conditions sonores dans la vieille salle de la rue de Clichy, deux semaines plus tôt, étaient beaucoup moins favorables, doit-on le préciser).
Une première heure durant, l’Infernal Machina de Jannick Top est venue déferler et délivrer ses climats oppressants, sombres, à la limite de l’étouffement. Si le disque éponyme paru l’an passé était passionnant, il y a quelque chose qui continue de gêner dans la version live du groupe, comme si la musique arrachait tout sur son passage, sans emporter vraiment, il faut le dire, l’adhésion. Une volonté de froideur du propos semble créer une distance presque infranchissable et il faudra chercher à comprendre ce filtre un peu opaque qui s’installe entre la musique et son public.
Magma, quant à lui, s’expose très naturellement à la lumière et offre pour commencer près de cinquante minutes de nouvelles compositions, dont un splendide «Félicité Thösz» qui souligne toutes les qualités de leader de Christian Vander : compositeur toujours inspiré, batteur à la précision surhumaine, chanteur incomparable, remarquablement soutenu par Stella qui, rarement, aura été autant mise en avant et dont la voix aérienne offre un parfait contrepoint à la force du groupe. Il y a quelque chose de rayonnant dans cette œuvre récente, un ensoleillement parfaitement souligné par un jeu de batterie qui privilégie la frappe des cymbales, dont on sait qu’elles ont toujours fasciné le créateur de Magma. Quant à sa conclusion chantée par Vander lui-même (un petit extrait est ici en écoute), elle est habitée, d’une double voix énigmatique qui alterne chant grave et chant haut placé. Cette dualité qui, probablement, est aussi l’identité du groupe depuis le premier jour.
Magma interprète ensuite sa version intégrale de «Ëmehntëht-Rê» dont la plupart des thèmes sont connus de longue date de tous les kobaïens, avant un final – tous gongs dehors – en forme de marche funèbre jusqu’à une ultime vocalise de celui qui s’est offert sans compter.
Il nous reste à nous envoler ensuite sur la planète «Kobaïa», cerise sur le gâteau, avec son chanteur originel, Klaus Blasquiz dont la puissance vocale reste étourdissante et, en salut intimiste, cette «Ballade» émouvante où Christian Vander, presque seul au chant, vient tutoyer l’étoile de son maître à jouer, John Coltrane.
Il est minuit.


mercredi, 28 janvier 2009

Protecteur

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Comme si le temps s’était arrêté… Quarante ans après sa naissance, Magma est annoncé à Nancy pour un concert anniversaire et les premières affiches ont fleuri sur les vitrines. La griffe et la typographie sont restées telles qu’elles étaient dès le premier jour. Quant à l’énergie vitale du groupe, portée à bout de baguettes par son créateur Christian Vander, elle est intacte, à n’en pas douter. Au pied de la magnifique Porte de la Craffe, érigée au quatorzième siècle, l’histoire de France semble lancer un clin d’œil tutélaire à l’histoire de la musique.

Merci à Mad Jazz Boy pour sa photographie.

jeudi, 25 décembre 2008

Noël

cv_enfants.jpgVoici maintenant près de quinze ans, c'était en 1994, que Christian Vander surprenait son monde en proposant A tous les enfants. Disque puisant ses racines dans la mémoire des premières années d'un homme connu d'abord pour le déferlement à nul autre pareil de sa musique avec Magma, sa beauté intacte nous semble parfaitement adaptée à ces jours dits de fête où familles, amis se rassemblent et, peut-être, retrouvent l'innocence des jours de leur enfance. Car c'est bien de cela qu'il s'agit : A tous les enfants s'adresse aux enfants que nous étions et que, trop souvent, nous avons perdu de vue dans nos vies d'adultes. "Les contes de Noel de Kobaïa se sont posés sur la Terre. Ils ont le charme ineffable de ces mélodies cristallines et limpides, qui s'envolent des boîtes à musique que l'on ouvre et que l'on referme pour qu'elles ne la laissent pas échapper".

Alors, fêtons Noël...

On peut se procurer ce très beau disque directement à la boutique en ligne de Seventh Records.