08 janvier 2010
Policier
Voilà une réédition particulièrement réussie ! Dans leur collection Quarto, les éditions Gallimard publient un réjouissant volume regroupant les cinq romans écrits par Dashiell Hammett : Moisson rouge, Sang maudit, Le Faucon maltais, La Clé de verre, L'Introuvable. Une très belle occasion de se (re)plonger dans l'univers d'un écrivain qui a su faire franchir un cap essentiel au roman policier : celui de l'entrée en littérature et de l'avénement du « roman noir ».
Ecrits entre les années 1929 et 1934 (date à partir de laquelle cessera son activité d'écrivain), ces livres marquaient en effet une rupture avec un genre aux règles assez mécaniques plutôt dominé par une certaine école anglaise, celle des John Dickson Carr, Edgar Wallace ou encore Agatha Christie, « qui n'est vraiment à l'aise que parmi les manoirs anglais, avec leurs compagnies de maîtres d'hôtels, leurs mœurs de province, leurs histoires de gros sous », comme le souligne Jacques Cabau en introduction de cette somme de plus de mille pages.
Ancien détective privé de la célèbre agence Pinkerton, Hammett savait très bien de quoi il retournait en matière de crime et allait immerger ses récits dans des univers beaucoup plus sombres, très ancrés dans une réalité ou règnent violence, corruption et immoralité. Raymond Chandler rappelle ainsi que « Hammett a délogé le meutre des palais vénitiens pour le balancer dans la rue ; non pas que le crime doive y traîner indéfiniment mais il était bienvenu de se défaire le plus possible des chichis bourgeois d'Emily Post ». Tout est dit en une phrase !
Dashiell Hammett se considérait à l'époque comme l'une des rares personnes qui prenaient le roman policier au sérieux : on ne pourra que se réjouir de cette publication qui bénéficie d'une nouvelle traduction, la précédente étant trop marquée par le recours à un argot démodé qui privait probablement le lecteur d'une approche plus intemporelle que méritent largement ces romans.
Une manière aussi, de souligner le rôle essentiel des traducteurs, rarement mis en avant et qui, pourtant, contribuent pleinement à l'épanouissement des textes au-delà de leurs frontières originelles. Pierre Bondil et Natalie Beunat auraient mérité de voir leurs noms en première de couverture, juste au-dessous de celui de l'écrivain américain. Cerise sur le gâteau, le prix est plus que raisonnable (27 €) et pourrait vous inciter à un achat qu'à coup sûr, vous ne regretterez pas.
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24 août 2009
Incarnations
Le retour du vieux con misanthrope... Ne pas confondre la fièvre et le thermomètre. Ainsi, il est commode de pointer du doigt Internet et d'en stigmatiser les effets pervertisseurs de notre jeunesse. C'est oublier, me semble-t-il, le vrai coupable qui est l'Homme lui-même, créature plutôt nuisible lorsqu'elle ne dispose pas du privilège d'un semblant de dressage, qu'on appelle chez lui éducation et que notre univers consumériste tend à refouler (la réflexion étant l'ennemie première de la consommation, notre dictature financière s'accommode assez mal en effet d'un humain qui penserait un peu trop ; ce principe s'applique également aux régimes autoritaires qui utilisent la foi comme vecteur des folies religieuses ou la torture lorsqu'il s'agit d'aller encore plus vite en besogne. Briser toute tentative de pensée autonome...). Mais rassurons-nous : sa nature première tend à refaire surface à la moindre occasion : l'homme sait très vite redevenir veule, lubrique, vénal, brutal et grossier. Ainsi est l'homo erectus. Les exemples ne manquant pas, je vous en épargnerai une première liste, voyez autour de vous. Internet est pour lui une aire de jeux, parmi bien d'autres...
Je préfère au contraire vous proposer deux illustrations qui tendent à démontrer qu'Internet peut susciter de beaux passages du virtuel au réel et qu'un dressage opiniâtre et bienveillant de la bête qui sommeille en chacun de nous peut susciter de belles rencontres et nous laisser caresser l'espoir d'une humanité pas encore condamnée à s'autodétruire (processus qui est, notons-le toutefois, largement engagé).
C'est grâce à Internet, par exemple, et à un blog bien ficelé en particulier que j'ai pu découvrir ma ville natale sous un autre jour et en apprécier les qualités intrinsèques, grâce à un néo-verdunois qui avait décidé de lui consacrer beaucoup de temps pour nous offrir de nombreux textes curieux. Avec son œil neuf, l'auteur du site nous proposait une vision presque ensoleillée d'une cité que des années d'enfance et d'habitude, saupoudrées d'une bonne couche de tristesse nostalgique, m'avaient rendu injustement grisâtre. Et plutôt que d'en rester là, lui et moi sommes entrés en contact, nous nous voyons désormais régulièrement et avons entamé une belle histoire d'amitié, à laquelle sont associées nos épouses respectives.

On peut nous voir ici, lors d'une réunion au sommet qui s'est tenue hier, alors que nous allions embarquer, le temps d'une courte croisière-colloque, sur un paquebot, Her Majesty Of The Seas, qui mouillait paisiblement dans le port de Nancy.
Mais je ne fais qu'évoquer un cas personnel qui, s'il a valeur d'exemple, n'en reste pas moins confidentiel et qu'on ne saurait brandir à la façon d'un étendard. Trop prétentieux. Non, voyons plutôt du côté de la musique et la belle histoire du trio SLuG (une chronique est dans les starting blocks de Citizen Jazz, vous la lirez très prochainement). Au départ, il y a un artiste touche-à-tout un peu génial, collectionneur de samples, et deux musiciens en partance de Magma. Le premier, John Trap, rencontre d'abord les seconds, Emmanuel Borghi et Himiko Paganotti, essentiellement via Internet : commence alors une petite valse de fichiers qu'on s'échange. C'est la naissance d'une première composition, puis d'une seconde et enfin d'un album entier qui sort très prochainement sur le label Off. Un groupe vient de prendre corps sous nos yeux (ou plutôt nos oreilles), il s'appelle donc SLuG et vous pouvez d'ores et déjà retenir son nom. On voit que le virtuel a pu engendrer le réel, ce qui, convenons-en, est tout de même plus enthousiasmant que l'opération inverse. Au final, ce premier disque est une parfaite réussite dans un univers électro pop un peu enchanté dont on devrait reparler dans les temps à venir. Il est en tout état de cause mon coup de coeur du moment.
Il est aussi une belle occasion de s'aérer l'esprit et de regarder devant soi avec un peu moins de pessimisme.
15:32 Publié dans Entendu, Lu, Vécu | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
01 juillet 2009
Pureté
J'éprouve la plus grande méfiance à l'égard de tous ces « penseurs » ou prétendus tels qui invoquent l'idée de pureté, et encore plus lorsqu'ils sont habités d'une nostalgie pour un passé fantasmé et qu'ils invoquent les mânes d'êtres imaginaires des temps anciens, des êtres purs et intacts. L'histoire montre d'ailleurs qu'à force de manipuler de tels concepts, certains ont entraîné leur pays (et d'autres par la même occasion) vers l'abîme.
Je trouve dans « L'Amour du Français », le très chouette bouquin d'Alain Rey (Points Poche, collection Le Goût des mots), quelques phrases qui viennent mettre en forme mon propre ressenti mieux que je ne saurais le faire.
« La pureté relève d'un ordre mythique et négatif : elle consiste à se préserver de tout ce qui est autre, toute différence étant souillure, à s'inscrire dans une bulle, à se barricader » (page 29).
Plus loin, on peut lire aussi : « Cette idée, lorsqu'il s'agit de religion, peut être dangereuse - de la rigueur calviniste aux intégrismes. Elle devient détestable quand on l'applique aux règles de vie, au langage et, plus encore, comme l'Histoire l'a montré, au mythe racial ».
Voilà une saine lecture pour l'été qui commence...
07:15 Publié dans Lu | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : alain rey, l'amour du français, pureté
30 juin 2009
Duo
Parce qu'on ne peut pas toujours écrire sur un blog... et qu'on s'efforce, à la façon d'un tâcheron, de mettre sa plume au service d'un magazine - Citizen Jazz - qui défend l'idée d'une musique comme on l'aime par ici. Je vous invite par conséquent à suivre un lien qui vous emmènera vers la lecture d'un article du type « deux en un », dont le personnage central est Robert Wyatt.
07:16 Publié dans Entendu, Lu, Vu | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : robert wyatt, onj, daniel yvinec, aencrages & co
02 juin 2009
Compagnons
Je crois me rappeler avoir écrit ici - ou ailleurs - que j'étais incapable de lire un seul livre à la fois. En ce moment, sont installés sur ma table de chevet un livre de nouvelles (« Onze histoires de solitude », de Richard Yates), un autre d'inspiration philosophique (« L'endroit du décor » de Raphaël Enthoven) et un troisième aux confins de l'histoire et de la sociologie (« La vie mondaine sous le nazisme » où l'auteur, Fabrice d'Almeida, décortique le cynisme d'un groupe social que les horreurs de la vermine brune ne saurait entamer). Je crois aussi que j'ajouterai prochainement les « Quinze Promenades Sociologiques » dans Paris de Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot.
Et puis, aux côtés de ces LDD (livres à durée déterminée) trônent quelques LDI (livres à durée indéterminée) vers lesquels je reviens régulièrement, pour en lire quelques pages, un chapitre, au gré de mes inspirations. Leurs richesses sont inépuisables. A commencer par la monumentale biographie de John Coltrane écrite par Lewis Porter ; puis les « Essais » de Montaigne, dans leur traduction contemporaine d'André Lanly ; un des volumes de « La Recherche du Temps Perdu » de Proust, dans la Pléïade ; enfin, le « XXe siècle » de René Rémond, qui démonte le grand meccano politique de la période 1918-1995. Il y a là aussi un petit intrus, parce que je l'ai chipé à Madame Maître Chronique : c'est « Le Voyage en Italie » de Goethe.
07:15 Publié dans Lu | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : livres, proust, rené rémond, montaigne, goethe, coltrane
26 mai 2009
Précieux
Les amoureux de Robert Wyatt devraient en toute logique se précipiter sur ce beau bouquin paru aux éditions Æncrages & Co au mois de février 2009. Car cette Anthologie du Projet MW rassemble les dix années de collaboration entre Jean-Charles Marchetti (peintre et... traducteur) et Robert Wyatt, une longue période pendant laquelle tous deux ont échangé des courriers et se sont rendu visite pour peaufiner leur travail. Un beau cadeau sous forme d'illustrations et de traductions de 80 chansons écrites par le doux et singulier chanteur poète anglais. Un vrai travail d'équilibriste des mots tant les textes originaux pourraient paraître impossibles à faire vivre dans une autre langue que celle de leur créateur. Et pourtant, ça marche ! Marchetti a su respecter l'esprit et la lettre, conférant à ses traductions la même folie douce que celle qu'on savourait chez Wyatt, sans oser, parfois, se dire qu'on ne comprenait pas toujours le sens des paroles ou qu'on butait ici ou là sur un néologisme idiomatique dont l'équivalent français nous échappait. Ici, tout semble s'éclairer, nous donnant l'envie de remonter à la source et de goûter le monde bariolé et politiquement engagé du grand Robert, dont certains manuscrits, ici reproduits, deviennent comme autant d'objets d'art. Ce bouquin est vendu à un prix modique (moins de 20 €) avec un CD qui permet d'écouter une interview de Robert Wyatt. Que demander de plus ?
07:15 Publié dans Lu | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : jean-charles marchetti, robert wyatt, aencrages & co, anthologie du projet mw
23 mai 2009
Si
Imaginons qu'un magazine culturel me confie la rubrique jazz de ses pages « Disques » et que mon travail consiste à sélectionner, chaque semaine, un album. Imaginons encore que je dispose pour cela d'un espace plutôt limité (au grand maximum une colonne) et que, par conséquent, j'ai l'obligation d'opérer une sélection assez draconienne parmi l'ensemble des productions qui me seraient adressées en vue d'une possible chronique. J'ai bien dit : imaginons. Parce que tel n'est pas le cas bien sûr, et que je ne possède pas le talent requis.
Si tel était le cas, donc, me viendrait-il à l'idée de sortir ma plus belle plume pour dénigrer un peu sournoisement un artiste avéré et, de manière très condescendante, le qualifier de « propret », dire de lui qu'il n'est pas « un foudre » et nous expliquer que son dernier projet manque de « vigueur et nécessité » ? Alors que je sais pertinemment qu'il connaît son sujet sur le bout des doigts et que sa réalisation témoigne d'un amour vrai de la musique et de beaucoup d'humilité et d'une immense dose de respect ? Tel le camarade de classe qui vous fait un croche-pied quand vous passez devant l'instituteur, est-ce que je reconnaîtrais au travail de ce musicien une « saveur jazzique » de manière très parcimonieuse, lui refusant le droit d'entrée dans le grand hôtel du jazz, comme un physionomiste chargé de refouler les intrus à l'entrée d'un casino ? Est-ce que je me risquerais à un hors sujet en cherchant à tout prix à ranger mes disques dans les boîtes étriquées d'une classification dépourvue de sens et d'intérêt ?
Ou, conscient du poids de mes mots, est-ce que je choisirais la voie de l'enthousiasme pour évoquer sans retenue ce que j'aime, parce que la place est chère et le temps trop court pour m'accorder le droit de laisser s'épancher un peu de ma bile scripturale ? Quitte à ne pas parler de ce qui ne m'a pas plu ni fait vibrer ? Taire plutôt que dénigrer.
Qu'on ne se méprenne pas sur le sens de mon propos : je ne revendique aucune tiédeur, les débats pour ou contre sont passionnants et souvent riches de contenus, il existe même des magazines qui y recourent régulièrement. Non, ce qui me gêne énormément, c'est ce sentiment qu'en me donnant à lire, on règle des comptes, un peu sournoisement, sans vraiment le dire.
En attendant, je file à Paris pour me régaler les oreilles et applaudir l'Orchestre National de Jazz dirigé par Daniel Yvinec qui rendent hommage à ce grand monsieur qu'est Robert Wyatt.
17:15 Publié dans Lu | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : orchestre national de jazz, daniel yvinec, around robert wyatt, chroniques
15 mai 2009
Écrivain
Les hasards d'Internet m'ont amené à engager une petite correspondance écrite avec une universitaire italienne qui a choisi Michel Tournier comme sujet de thèse, et plus précisément la comparaison de deux de ses livres : « Vendredi ou les limbes du Pacifique » et « Vendredi ou la vie sauvage », le second étant souvent présenté un peu hâtivement comme la version du premier réécrit pour les enfants. Tournier dit lui-même qu'il n'écrit pas pour les enfants, mais il considère qu'un livre réussi doit pouvoir être lu, aussi, par les plus jeunes. A travers cet échange épistolaire, je me suis rappelé un texte que j'avais écrit au mois d'octobre 2006 (Tu me fais Tournier la tête) et, aussitôt, j'ai ressenti une drôle de nostalgie. Parce qu'ayant lu toute l'œuvre de Michel Tournier depuis une trentaine d'années, parce qu'ayant relu goulûment plusieurs de ses plus beaux romans et essais, je m'aperçois que le temps passe très vite et que l'homme, aujourd'hui âgé de 84 ans, n'aura peut-être plus l'énergie nécessaire à la création de livres aussi intenses que « Les Météores », « Le Roi des Aulnes », « Le Vent Paraclet », « Le Vol du Vampire » ou « Célébrations ». Ses derniers livres, « Le Bonheur en Allemagne ? » et « Mes Vertes Lectures » sont pleins de charme, certes, mais pas aussi habités et envoûtants que quelques uns de leurs illustres prédécesseurs. L'homme est vivant - et je souhaite qu'il le soit encore durant de très très longues années - mais l'écrivain semble désormais s'être comme mis en sommeil. Ses livres restent et resteront, l'été qui vient sera pour moi celui d'une nouvelle relecture. Faute de mieux !
07:15 Publié dans Lu | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : michel tournier, écrivain, roman
06 mai 2009
Ancien
Dans son nouveau livre, « L'endroit du décor », publié aux éditions Gallimard, Raphaël Enthoven cite Plutarque : « Il faut nous en tenir, non pas au chemin qui nous semblera avoir le plus bel aspect, mais à celui qui nous conviendra le mieux, en plaçant notre confiance non dans une vaine convoitise, mais dans la nature, notre guide ». Voilà une phrase qui tombe à pic et nous laisse penser que ce qu'on appelle aujourd'hui le « bling bling » n'est pas une excroissance malodorante de notre époque matérialiste, mais probablement une inclination de toujours pour une part de l'humanité.
07:52 Publié dans Lu | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : plutarque, rapahel enthoven, l'endroit du décor
03 mai 2009
Soutenu
On pourra dire tout ce qu’on voudra, mais ça fait du bien de lire un bouquin étranger… vachement bien traduit (ce qui nous change des horreurs du sabir lu a longueur des pages de la trilogie Millenium). En l’occurrence, il s’agit ici du roman (écrit en 1961) de Richard Yates, Revolutionary Road, devenu La Fenêtre Panoramique (signalons au passage que pour son adaptation récente au cinéma, le titre français est devenu Les Noces Rebelles, probablement parce que les producteurs craignaient une confusion avec Fenêtre sur Pacifique… enfin, je dis ça, mais je n’en sais rien, après tout). En optant pour un français un peu compassé, même pour l’époque probablement, Robert Latour restitue au mieux ce climat trouble d’une histoire qui se déroule au milieu des années 50, dans une Amérique qui découvre après la guerre les premiers objets courants d’une nouvelle modernité (symbolisées ici par les machines à calculer fabriquées par l’entreprise Knox où travaille l’un des principaux personnages) et surtout, ajoute une note d’amertume supplémentaire à l’histoire de ce couple qui se désagrège sous nos yeux, comme pris dans la nasse d’un conformisme dont il ne parvient pas à s’extirper. J’ai lu quelque part l’avis d’un lecteur qui trouvait cette traduction faiblarde : c’est tout le contraire, me semble-t-il, elle est à considérer plutôt comme un beau et subtil vernis qui agit comme une loupe sur les craquelures de ce couple voué à l’échec.
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