26 octobre 2011

Collectionnite aigüe ?

Je finis par me demander si la discographie du Grateful Dead ne ressemble pas à une grosse vis dont le filetage serait usé, au point qu’une fin n’est jamais envisageable. Elle tourne, elle tourne, elle tourne… Je ne reviendrai pas ici une nouvelle fois sur l’histoire personnelle qui me lie à ce groupe (cherchez si vous le souhaitez, vous finirez bien par trouver…) parce que j’aurais l’impression d’être un vieux schnock radoteur (ce que je suis probablement). Je résumerai cette forme de dépendance inoffensive en disant qu’une petite musique Grateful Dead résonne constamment dans ma tête, de près ou de loin. C’est ainsi… une sorte d’oxygène neuronal.

Mais tout de même ! Les archivistes de la bande à Jerry Garcia – hommes d’affaires bien avisés ? – nous annoncent la publication en 2012 d’une nouvelle collection d’enregistrements baptisée Dave’s Picks, sous la houlette de David Lemieux. Mais c’est quoi ce truc ? On n’en finira donc jamais ?

grateful dead, collection

Je passe sur l’épaisseur de la discographie officielle du groupe : treize albums studios (ce qui est peu finalement, pour une existence couvrant la période allant de 1966 à 1995), une ribambelle d’albums live (dont on peut établir le compte, mais j’y renonce… il y a des doubles, des triples, des quadruples, et même beaucoup plus, je crois avoir un coffret de neuf disques rassemblant trois concerts du début de l'année 1969) qui sont autant de témoignages de la créativité d’une formation dont le four core (Jerry Garcia, Bob Weir, Phil Lesh et Bill Kreutzmann) aura soufflé un air d’une grande fraîcheur, nonobstant un parcours très troublé par de nombreux excès, liés à l’usage des drogues en particulier, sans oublier plusieurs disparitions tragiques. Une douce brise un peu folle aux confins du rock, du folk, du rhythm’n’blues, de la country music, toujours prête à s’échapper de ces cadres trop étroits par de longues séquences d’improvisations (celles-ci ont même fait l’objet d’un disque sous la forme d’une énigmatique compilation appelée Infrared Roses) qui ont constitué la marque de fabrique du groupe.

Si c’était aussi simple… On pourrait délimiter le périmètre et en rester là. On prend son petit stock de disques et on a largement de quoi s’occuper. Mais c’est sans compter sur cette espèce de folie jusqu’au boutiste qui prévaut au sein de l’équipe de Dead Heads régnant sur un stock d’archives très impressionnant. Au point que les collections qu’ils élaborent, mises bout à bout, nous permettent de vivre en différé ce qui s’apparente à une épopée un peu déjantée, qui fait vivre pendant 30 ans un répertoire dont la liste des compositions n’est pas si étoffée. Il y a chez le Grateful Dead un terreau sans cesse labouré, une remise constante de l’ouvrage sur le métier.

Ah, ces collections live ! 36 volumes de la série Dick’s Picks (chacun d’entre eux étant lui-même composé de plusieurs CD) ; une grosse douzaine de Download Series tout aussi copieuses ; et pour finir les Road Trips, soit une petite vingtaine de volumes supplémentaires. N’en jetez plus, la cour est pleine. Curieusement, cette accumulation, ces répétitions n’ont jamais suscité chez moi la moindre lassitude : ces concerts passés m’accompagnent, je les vis à distance géographique et chronologique, peut-être pour combler la cruelle déception d’un concert (dont j’ai encore les billets en ma possession) à Nancy qui ne s’est jamais tenu… Peut-être aussi pour rester en parfaite connexion avec mon passé et vivre le présent de manière plus sereine.

Je croyais en avoir fini jusqu’à hier (enfin, quand je dis finir, il faut comprendre que je pensais mon univers enfin délimité), en découvrant l’annonce d’une nouvelle série de concerts dont les quatre premiers volumes sont annoncés pour 2012. Des soirées intégralement restituées, semble-t-il, avec un travail soigné apporté au son. Pfff… Voilà qui promet encore de longues heures de cohabitation avec les héros de mon adolescence. Sont fous ces Américains.

Je vais essayer de survivre à cette nouvelle attaque traîtresse…

PS : on aura compris par cette note quels moments difficiles je vis...

25 octobre 2011

Improjazz

improjazz, philippe renaud, jazzJe ne sais pas si vous êtes au courant, mais la ville de Blois compte parmi ses habitants un fou furieux qui, depuis des lustres, se bat avec un acharnement qui force l’admiration pour défendre et partager une passion que je lui ai toujours connue. Quand je dis toujours, je n’exagère pas puisque je me rappelle l’époque de mon enfance à Verdun et la forte propension du personnage à ne parler que de musique avec mon frère, dont il était un camarade de classe. Je crois même me rappeler qu’en ces temps reculés – chut, ne le dites à personne - il vouait un vrai culte aux Rolling Stones… Philippe Renaud – c’est lui que j’évoque ici – s’est forgé une solide réputation en créant voici un bon paquet d’années Improjazz, un magazine mensuel disponible par abonnement uniquement et dont le dernier numéro en date est le cent-soixante-dix-neuvième. C’est dire que le temps passe…

Attention ! Ce magazine d’information musicale est probablement un cas unique, pas seulement en raison de sa longévité, ni par la ténacité de son créateur et de ceux qui l’entourent mais par son concept et son esthétique. Dédié principalement au jazz et tout particulièrement à ses formes improvisées, Improjazz s’adresse exclusivement aux lecteurs. N’y voyez pas là un truisme, mais plutôt une nécessaire explication : par sa mise en page austère presque inchangée depuis son origine, par la densité des textes qui le composent, la publication ne cède en rien aux canons actuels de la communication écrite et n’ira pas vous tirer par le bout de la manche pour se vendre. Bref, vous m’aurez compris, on aura du mal à le feuilleter pour regarder les illustrations, rares et monochromes ; bien au contraire, on ouvre Improjazz comme on le ferait d’un livre : il faut un peu de temps devant soi et vouloir découvrir une foule d’artistes dont, probablement, vous n’aurez jamais entendu parler.

Objet de curiosité, publication pour curieux, Improjazz ne vit que par la foi de l’équipe de Philippe Renaud et par les abonnements de ses lecteurs. En ces temps chahutés où je ne sais quel comité Théodule est réuni par celui qu’on prétend être Ministre de la Culture pour se pencher au chevet du jazz, il est aussi de notre devoir de valoriser un soutien aussi fidèle au monde de la musique.

24 octobre 2011

Festen again !

festen.jpgJ’apprends que les quatre musiciens de Festen vont prochainement entrer en studio pour enregistrer leur second disque. Voilà qui ressemble fort à une excellente nouvelle ! Le premier chapitre de leurs aventures musicales était très séduisant, par son mélange d’influences multiples – pour ne pas dire sa fusion, mais ce mot est trop souvent connoté de façon négative après avoir été confisqué par certaines tendances du marshmallow sonore des années 80. Pour jeunes qu’ils soient, Damien Fleau (saxophone), Jean Kapsa (piano), Oliver Degabriele (contrebasse) et Maxime Fleau (batterie) n’en possèdent pas moins une très solide culture jazz qui jamais ne leur interdit d’aller, par l’effet conjugué d’une saine curiosité et de leur histoire personnelle, faire un tour du côté de leurs amours plus rock. Inutile de dire qu’on a déjà envie d’en savoir plus sur ce projet en gestation.

Plus généralement, je défends bec et ongles cette nouvelle génération de musiciens qui croisent les univers et n’adoptent jamais une attitude condescendante envers des formes musicales que d’autres jugent inférieures voire vulgaires, au point de penser que leur incorporation dans le brouet du jazz constitue une marque de dégénérescence. Peut-être parce que de mon côté j’ai grandi dans un environnement très largement influencé par le rock, et qu’à l’époque j’étais étonné de l’agressivité exprimée par la sphère des puristes (dans le camp du jazz ou de la musique classique) à son encontre. Ils démontraient la plupart du temps un vrai sectarisme et, pire, une ignorance totale du mal qu’ils se croyaient obligés de pointer d’un doigt vengeur.

Il me semble que cette époque là est bien révolue et qu’aujourd’hui, l’assimilation, tranquillement, s’opère. Tant mieux. Festen en est une manifestation très claire !

En écoute, « Ed’s Night Out », extrait du premier disque de Festen.

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08 octobre 2011

Shmira

Vander_Coltrane_Coltrane.jpgJohn Coltrane, l’homme suprême, tel est le titre du disque que Christian Vander vient d’enregistrer et qui sera très prochainement disponible sur le label Seventh Records. On sait que le batteur voue un culte infini au saxophoniste au point que la mort de ce dernier peut être considérée comme le catalyseur de l’aventure Magma ; il suffit de lire les nombreuses interviews dans lesquelles il s’est exprimé à ce sujet pour s’en convaincre. On écoutera par conséquent avec beaucoup d’attention cet hommage, dont on ne peut douter de l’intensité fiévreuse, tant la corde coltranienne vibre fort chez Vander.

Sur la pochette de ce disque, on peut lire l’explication suivante : « Ce disque a été enregistré jour après jour, du 17 Juillet, date de son départ, au 21 Juillet, jour de ses funérailles. Chaque jour, une offrande, un don musical, poétique, pour lui, réalisé en temps réel. Le 21 à minuit, le disque était terminé».

Quarante-quatre ans après la disparition de John Coltrane, cette célébration de type mortuaire n’est en rien une lubie vanderienne. Bien au contraire, elle nous renvoie à un certain nombre de traditions : dans la religion Juive par exemple, la shmira en est l’exacte réplique. Elle consiste à accompagner les défunts par la lecture de psaumes ou de textes sacrés depuis le jour de leur mort jusqu’à leurs funérailles. Cette pratique a deux raisons d’être : la première est en quelque sorte hygiénique, car la présence des vivants est une protection du corps contre les animaux et les insectes ; la seconde est spirituelle car elle est une façon de tenir compagnie à l’âme du défunt (neshama) qui flotte au-dessus du corps jusqu’au jour de l’enterrement.

L’esprit de Coltrane continue de planer sur la musique de Christian Vander : qu’adviendra-t-il désormais, maintenant que le disciple a accompagné son maître jusqu’au bout selon un rite sacré ?

06 octobre 2011

Rebelle... ze riteurne !

neil young,jeando bernard,camion blancJe reviendrai plus en détail, par le biais d’une chronique pour Citizen Jazz, sur le livre que JeanDo Bernard a consacré à Neil Young. Sans attendre cependant, j’aimerais souligner ici ses qualités. La première d’entre elles étant sa spontanéité associée au style incisif et sans détours inutiles qui vous font dévorer ce Neil Young, Rock’n’Roll Rebel ? comme dans un seul souffle (on pourra juste regretter une petite série de coquilles tout au long des pages).

L’auteur connaît bien son affaire et, comme il le démontre dans un chapitre introductif, a vécu pleinement ces années 60 dont la période 1968-1975 fut d’une incroyable fécondité. Moyennant une poignée de souvenirs d’enfance mobilisés en quelques pages bien senties, il nous dresse le portrait de ces temps aujourd’hui lointains – la France du général De Gaulle, des yé-yés, de la Guerre du Viet-Nam, de toute un génération en quête d’un autre monde, cette recherche n’excluant pas le recours à tout un arsenal de produits pour le moins stupéfiants – au beau milieu desquels va éclore le Loner, mister Neil Young himself.

Si JeanDo Bernard connaît son Neil Young sur le bout des doigts (depuis The Squires jusqu'au récent Le Noise en collaboration avec le producteur Daniel Lanois, en passant par Buffalo Springfield et Crosby, Stills Nash & Young), il n’en a pas pour autant écrit un livre de fan hardcore ! Il n’y a dans sa démarche aucune tentation hagiographique : bien au contraire, il s’efforce de décortiquer à travers une partie des disques du Canadien (qui sont nombreux et dont la recension exhaustive aurait abouti à un catalogue fastidieux) les ressorts de ses engagements tant sur le plan politique que philosophique ou écologique, n’hésitant pas à pointer du doigt ses contradictions (une radicalité anti Bush qu’on ne peut que mettre en parallèle avec une plus grande tiédeur envers Ronald Reagan, par exemple). Le journaliste écrivain nous propose un exercice d’admiration cultivée mais raisonnée et c’est là une des grandes forces du livre. Sans jamais oublier de nous rappeler la singularité du musicien, tant le chanteur que le guitariste. Nourri de folk, de blues et de rock.

Mais l’essentiel me paraît résider ailleurs (ce n’est ici qu’un point de vue personnel) : en effet, la lecture du livre est la démonstration de ce qui fait tout le pouvoir de séduction de Neil Young : quelles que soient certaines de ses errances, quel que soit le niveau de sa production discographique (généralement très élevé, mais l’artiste a connu des coups de mou, notamment durant les sinistres années quatre-vingt), l’histoire du Loner est celle d’un éternel recommencement. Pour lui, comme pour nous. Neil Young n’est jamais là où on l’attend : le succès d’un Harvest aboutit à la sombre tournée Times Fades Away ; un climat country ou folk pourra être balayé d'un revers de gilet à franges par un disque hautement électrique ou une tentative technoïde, avant le retour aux sources, en solitaire ou flanqué de son fidèle Crazy Horse. Depuis plus de quarante ans, beaucoup d’entre nous sont prêts à embarquer avec lui, quitte à descendre temporairement du train si l’atmosphère ne nous convient pas, mais certains que le prochain voyage méritera le détour. Neil Young fait partie de ces artistes qui sont de vrais compagnons de vie, des êtres humains avec leurs forces et leurs failles, mais toujours fidèles à nos rendez-vous avec eux. Et d’une générosité indiscutable doublée d’une force de conviction inoxydable.

Neil Young, Rock’n’Roll Rebel ? nous l’explique avec la même sincérité : ce livre, édité par Camion Blanc, devrait séduire non seulement les fans de la première ou de la deuxième heure, mais aussi tous ceux qui voudraient faire la connaissance d’un personnage unique.

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Bonus !

Tout récemment a vu le jour un Live In Chicago, un double album enregistré en 1992. Neil Young, plus solitaire que jamais, s’accompagne à la guitare, au piano, voire à l’harmonium. Il est possible que ce disque soit redondant avec d’autres déjà disponibles. Mais à lui seul, il est le témoignage de la démarche artistique de Neil Young, intense, mélange de fragilité et de force, presque intemporelle. En voici un court extrait, avec le poignant « The Needle And The Damage Done ».

04 octobre 2011

Discovery, immersion... commerce

pink floyd,i-overdrive trioQu’on ne se méprenne pas sur le sens de cette note : adolescent, j’étais fasciné par la musique de Pink Floyd. Je me rappelle même avoir fait le siège du bureau de l’économe de mon lycée jusqu’à ce qu’il accepte l’idée d’affréter un bus pour emmener une cinquantaine de lycéens, dont ma sœur et moi, de Verdun à Nancy, histoire d'applaudir le groupe en pleine tournée promotionnelle de The Dark Side Of The Moon, au mois de décembre 1972. Je n’avais pas encore 15 ans, j’avais dans ma besace à musique de longues heures passées dans ma chambre à écouter « Echoes » et ses sirènes inquiétantes avec un camarade de classe. C’était le disque Meddle, emprunté à ma sœur - encore elle - qui avait eu la bonne idée de l'acheter… Aujourd’hui, le groupe occupe toujours une place non négligeable dans mon modeste Panthéon (qui est un peu décousu, je l’admets), ma préférence allant toutefois pour ses premières années : celle des deux premiers albums imprégnés de la folie de Syd Barrett mais aussi les suivantes et leur psychédélisme planant (jusqu'à Obscured By Clouds). The Dark Side Of The Moon aura marqué une rupture, celle d’un succès planétaire combiné à une disparition progressive des envolées cosmiques un peu folles pour céder la place à un univers plus contrôlé. Trop à mon goût, comme si le groupe perdait doucement son âme... Bien sûr, il y aura The Wall, en 1979, lui-même entré dans la légende mais… non, désolé, c’est un autre Pink Floyd dans lequel je ne me suis jamais vraiment retrouvé. Au point de m'ennuyer fermement avec la parution, quatre ans plus tard, de The Final Cut.

Mais quand je vois comment les majors envahissent actuellement le terrain médiatique pour tenter de nous refourguer une nouvelle intégrale (la Discovery Edition, soit toute la discographie de Pink Floyd remasterisée) tout en publiant dans le même temps une version Immersion Box Set de The Dark Side Of The Moon, précédant elle-même le lifting annoncé de The Wall, force est de constater, une fois de plus, que les actionnaires de ces grands groupes financiers ne misent plus un seul kopeck sur des talents en devenir – c’est-à-dire ceux-là même qui en auraient le plus besoin – et préfèrent assurer leurs arrières en multipliant les profits sur des produits rentabilisés depuis des décennies. Autant de boîtes à l'emballage savamment étudié mais qui sentent un peu trop le réchauffé. Marketing, quand tu nous tiens...

Et je me dis qu’en 2011, le joueur de pipeau aurait beau s’échiner à s’avaler une saucière de secrets aux portes de l’aube, il se fracasserait le nez sur un mur, celui de l’argent… un mur obscurci par les nuages mercantiles de notre société embarquée dans une cynique dérive. En 2011, le Pink Floyd de Syd Barrett ne verrait pas le jour, personne ne lui donnerait sa chance, il serait un groupe mort-né…

Alors plutôt que de dépenser des sommes folles dans d’inutiles rééditions bien trop coûteuses sous couvert de je ne sais quelle remasterisation ou de publication annexe de quelques fonds de tiroir d’un intérêt incertain sur des CD qualifiés de bonus, je me dis qu’il nous appartient d’être les acteurs de ce jeu en procédant aux bons choix. Tenez par exemple : cette histoire de Pink Floyd m’a fait penser à un Hommage à Syd Barrett rendu par l’i.overdrive trio (soit Philippe Gordiani à la guitare, Bruno Tocanne à la batterie et Rémi Gaudillat à la trompette) en 2008. Ou comment s’affranchir du modèle sans le faire oublier pour autant, dans une belle manifestation de respect et de talent. Let there be more light, disait Pink Floyd en 1968 : je suis bien d'accord, alors mettons plutôt en lumière des artistes qui restent trop dans l'ombre à mon goût...

Et si on écoutait l’i.overdrive trio dans sa reprise du légendaire « Astronomy Domine » ?

podcast

29 septembre 2011

Pile

Live In Cologne.jpgJ’ai reçu la semaine dernière une petite livraison de CD à chroniquer pour Citizen Jazz… Trois nouvelles galettes : un Live in Cologne 1983 de Weather Report (dont la première écoute m’a un peu ennuyé, parce que la musique me paraît avoir mal vieilli, mais sur laquelle je reviendrai car la paire Zawinul / Shorter le mérite bien) ; le surprenant et inclassable Des Clairières dans le Ciel de Lionel Belmondo dont l’Hymne au Soleil s’est frotté au Chœur National de Lettonie ; enfin le très réjouissant et inventif Des Trucs Pareils de Ping Machine, un grand ensemble dirigé par le guitariste compositeur Fred Maurin. C’est un privilège que d’avoir à écrire afin de rendre compte au plus de nos émotions du travail de ces artistes. Une responsabilité aussi, car mes chroniques sont lues, voire attendues, et je dois par conséquent prendre le temps d’écouter, une fois, deux fois… et même beaucoup plus, ne serait-ce que par respect des musiciens. Mais je garde ma ligne de conduite : privilégier l’émotion.

24 septembre 2011

Rebelle

neil_young.jpgMon pote Gérard Nguyen vient de m’apporter un exemplaire de Neil Young, Rock’n’Roll Rebel?, le bouquin écrit par le journaliste JeanDo Bernard dont il a assuré la mise en page pour le compte des éditions Camion Blanc. Un double plaisir car passer une heure en compagnie de l’ami Gérard, c’est l’assurance d’une conversation passionnante qui va fourmiller des mille et une anecdotes qu’il raconte avec passion ; mais aussi parce que le bouquin, loin d’être une simple biographie, présente un angle d’attaque très intéressant : l’auteur analyse les prises de position du Canadien solitaire, tant au plan social que politique ou écologique, quitte à en souligner les contradictions. Voilà de belles heures de lecture en perspective !

17 septembre 2011

Perrine Mansuy - Questions et réponses

PM_-_36-2.jpgEn marge de la publication d’un très beau Vertigo Songs en quartet dont Citizen Jazz se fait l’écho dans ses chroniques, la pianiste-compositrice Perrine Mansuy s’est prêtée au jeu des questions-réponses. L’occasion de mieux connaître une musicienne qui n’hésite pas à laisser le rêve conduire une part de sa vie.

Lire la suite de l'interview sur Citizen Jazz...

Photo Perrine Mansuy © Hélène Collon

16 juillet 2011

Thank You Friend

françois cahen, zao, yochk'o seffer, magma, citizen jazz

Il n’aura pas eu le temps de souffler ses 67 bougies. Né le 24 juillet 1944, le pianiste François Cahen vient de nous quitter, victime d’une crise cardiaque. Retour en quelques mots sur un grand monsieur dont les expériences musicales de ces quarante dernières années auront été autant de belles aventures.

Lire la suite de cet article sur Citizen Jazz...

Je compléterai cette note par une évocation plus personnelle qui nous fait remonter au milieu des années 90, si mes souvenirs sont exacts. Je me trouvais ce jour-là à Paris pour des raisons professionnelles et j’avais choisi, à l’heure du retour, de rallier à pied la Gare de l’Est. En passant à proximité du Duc des Lombards, j’aperçus une silhouette familière : François Cahen, avec ses faux airs du chanteur Carlos (le talent en plus, évidemment). Disposant d’un peu de temps avant de monter dans le train, j’étais allé à sa rencontre, histoire de lui dire combien sa musique m’avait accompagné. Nous avons parlé de Magma, bien sûr, mais aussi de Zao, fascinante expérience marquant sa complicité avec le saxophoniste Yochk’o Seffer. Homme particulièrement chaleureux, Faton m’avait aussitôt proposé de m’inviter au concert qu’il donnait ce soir là au Duc. On imagine mon émotion mêlée de la déception d’être obligé de la décliner, étant attendu à 300 kilomètres de là. En le quittant, j’ai perçu, de manière assez intense, que l’homme et sa musique ne faisaient qu’un : un cœur gros comme ça ! Ce cœur qui s’est trop vite arrêté de battre.

En hommage à François Cahen, écoutons l'une de ses compositions : "Isis", extraite d'Osiris, deuxième album de Zao. Presque dix minutes de bonheur...

podcast

François Cahen
(claviers), Yochk'o Seffer (saxophone), Joël Dugrenot (bass), Jean-My Truong (batterie).

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