20 octobre 2011

Nancy Jazz Pulsations 2011 # 12

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Un final en bouquet de mots pour Nancy Jazz Pulsations, une conclusion où les phrases chahutées par la lecture trépidante de Jacques Bonnafé viennent caresser, irriter, bousculer et chatouiller les sinuosités d’autres paroles, musicales celles-là, nées de l’imagination de Louis Sclavis (clarinette basse, saxophone soprano et piano à pouces). Une heure sans le moindre répit où la tentation surréaliste d’une orange qu’on éponge vient se fracasser le zeste sur la sombre réalité d’un jour d’octobre 1961 du côté du Pont de Neuilly et du temps de Papon, avant que les mots qui s’entrechoquent ne décident d’enfourcher leur bicyclette rouillée pour arpenter les routes du Tour de France aux côtés de vieux héros de Miroir Sprint comme Pierre Brambilla (le visage sculpté à coups de marteau), Raymond Poulidor et sa poupoularité ou Lucien Aimar, roi de la descente. Jean-Pierre Verheggen, Antonin Artaud, Francis Ponge, Jacques Prévert, Ludovic Janvier et bien d’autres agitateurs du verbe comme Antoine Blandin sont convoqués dans ce carrousel un peu étourdissant où les deux artistes se parlent, se poursuivent dans une course effrénée vers la vérité du non sens. Musique des mots, mots mis en musique, exploit sportif aussi par le déferlement des textes, le duo Sclavis-Bonnafé est un havre poétique qui stimule et réveille. Déconcertant ? Non, des concertextes !

Théâtre de la Manufacture – Samedi 15 octobre 2011

En écoute : « Annonce», extrait de Lost On The Way de Louis Sclavis.

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Texte préparatoire à un prochain compte-rendu complet pour Citizen Jazz.

19 octobre 2011

Nancy Jazz Pulsations 2011 # 11

Nancy Jazz Pulsations 2011 # 12

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Stefano Bollani se reconnaît volontiers comme un musicien chanceux, qui jouit du privilège de vivre de sa passion et se fait un devoir de transmettre sa bonne humeur. Alors merci à lui, mais aussi à ses deux complices danois (Jesper Bodilsen : contrebasse et Morten Lund : batterie), d’avoir réjoui un Théâtre de la Manufacture plein à craquer. Car le pianiste transalpin et ses acolytes ont servi au public une musique évoluant constamment sur le fil ténu de leurs conversations élégantes et espiègles. Que le trio puise dans des compositions originales ou qu’il aille chercher l’inspiration vers Antonio Carlos Jobim, Caetano Veloso ou… Michael Jackson pour une irrésistible version chantée de « Billie Jean », tout est prétexte à de savoureuses déambulations narratives offrant le spectacle d’un parfait équilibre entre les musiciens. La paire danoise, à l’allure faussement austère, n’est pas la dernière à glisser ses facéties dans le jeu du pianiste volontiers taquin, allant jusqu’à mimer du bout des baguettes et d’un claquement de cordes une corrida où l’on ne sait qui joue le rôle du taureau et qui joue celui du matador. Bollani pratique le piano sous tous ses angles : assis, debout, accroupi, à genoux mais toujours dans le plaisir de l’invention. Mais la légèreté des apparences ne dissimule jamais la justesse d’une union entre trois voix qui s’écoutent avec une remarquable attention. Voilà un triangle parfaitement équilatéral : de quoi nous réconcilier avec la géométrie. 

Stéphane Belmondo a tout l’air d’un homme heureux ! Son récent The Same As It Never Was Before est le disque de son épanouissement, dont le trompettiste a pu faire aboutir l’idée en associant ses forces à celles de deux papys flingueurs titulaires de cartes de visite qui sont de véritables who’s who de l’histoire jazz américain : le pianiste Kirk Lightsey et le batteur Billy Hart. Sans oublier l’appui précieux du contrebassiste Sylvain Romano, compagnon de route de Belmondo que ce dernier considère comme son autre frère en musique et qui, du haut de sa trentaine, tutoie les deux maîtres du bout des cordes avec une rigoureuse rondeur. Un quartet de choc que l’on retrouve à Nancy dans la pleine lumière de sa réussite et qui, à l’évidence, prend un énorme plaisir à jouer le répertoire de ce disque roboratif. Ouvrant le concert avec « What’s New », dont la version par Ella Fitzgerald remonte à la fin des années 30, Stéphane Belmondo va très vite creuser le sillon de The Same As It Never Was Before : « So We Are », « You And I », « Habiba », « Light Upon Rita », autant de pièces qui deviennent le terrain de jeu d’une sacrée bataille d’amitié entre les musiciens du quartet, parmi lesquels nos deux américains – visiblement réjouis d’être au cœur de l’action – vont se tailler une part de lion ! Le plaisir pris à écouter le disque est ici démultiplié par leur force de frappe qui s’expose à un public plus qu’enthousiaste. Ainsi entouré, Stéphane Belmondo peut libérer son jeu – volubile et virevoltant - sans la moindre entrave et toucher du doigt ses rêves de toujours. Être le principe actif d’une création musicale vivante et constamment sur le fil de cet implacable rasoir qu’est la prise de risque en scène. Ses artificiers septuagénaires, tous sourires dehors, lui ont fourni une occasion très précieuse de vivre des instants rares et intenses. Comme toujours, ceux-ci ont semblé bien trop courts. On en redemande !

Théâtre de la Manufacture – Samedi 15 octobre 2011

En écoute : « So We Are», extrait de The Same As It Never Was Before de Stéphane Belmondo.

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18 octobre 2011

Nancy Jazz Pulsations 2011 # 10

mulatu_astatke.jpg

Chapiteau de la Pépinière Acte II

Le public est un peu clairsemé pour l’entrée en scène des suédois de Tonbruket. Les deux premiers albums sur le label Act (Dan Berglund’s Tonbruket et Dig It To The End) de ce groupe formé par Dan Berglund, contrebassiste du défunt E.S.T. (défunt étant le mot juste puisque l’histoire du groupe a pris fin en 2008 après la disparition brutale de son leader Esbjörn Svensson), sont de vraies réussites. Par leur savant dosage d’influences catalysant jazz, échappées bruitistes et rock expérimental, les quatre musiciens ont su élaborer des compositions courtes et nerveuses, comme autant de scénarios urgents de petits films nés d’une imagination stimulée par leur atelier sonore. Ce premier concert français des quatre musiciens laissera toutefois un petit goût d’inachevé : la succession des pièces dont le déroulé glissait naturellement sur disque est ici plus raide, les transitions sont parfois un peu brutales et manquent encore de la spontanéité fruit de l’expérience de groupe. Le prix à payer pour une formation qui n’est qu’au début de son histoire. Car on est bien face à un quartet riche de mille idées qui s’expriment avec une force assez stupéfiante (une monumentale version de « Dig It To The End ») et dont la qualité première est de posséder un son d’ensemble très identifiable, dans lequel la pedal steel guitar de Johan Lindström joue les premiers rôles. Et c’est au moment où Tonbruket parvenait enfin à imposer sa force personnalité, après une heure bien trop courte, qu’il a dû céder la place, sans possibilité de rappel alors que le public le demandait, à la suite du programme de la soirée. Un manque de fair play à leur égard qu’on ne peut que souligner ici. Il faut leur donner une seconde chance car les agitateurs de Tonbruket le méritent bien.

Astatke Mulatu, me dites-vous ? Et vous aurez raison car le quasi septuagénaire vibraphoniste percussionniste éthiopien, venu avec sa formation haute en couleurs, aura marqué cette soirée de toute son empreinte. Huit musiciens au total dans une orchestration originale associant piano, trompette, saxophone, violoncelle, contrebasse, batterie et percussions. Quelque part entre le monde bariolé de Sun Ra, les envolées mystiques de Pharoah Sanders et les luxuriances orchestrales d’un big band latinisé par Dizzy Gillespie, Mulatu aura créé l’enchantement, volant probablement la vedette à celui qui était en haut de l’affiche d’un soir. Très cinématographique, sa musique laisse imaginer de vastes paysages soulevés par une rythmique implacable et foisonnante. Une musique vibrante, zébrée de rebondissements à en perdre le souffle. Avec une mention particulière, aussi, à Danny Keane dont le violoncelle survolté a su prendre sa place avec une énergie libératrice dans un ensemble où chaque musicien est poussé au meilleur de lui-même. Jouant pour l’essentiel le répertoire de Mulatu Steps Ahead, le vibraphoniste a offert là au public l’un des plus festifs moments de Nancy Jazz Pulsations 2011.

Peut-on quitter un concert de Billy Cobham en s’avouant déçu ? Oui si notre mémoire résonne encore des fulgurances spirituelles du Mahavishnu Orchestra dont le guitariste John McLaughlin était l’inspirateur et Cobham l’un des serviteurs les plus fervents. Une page majeure de l’histoire du jazz rock, dont une autre fut tournée par une seconde formation clé, Weather Report. Non si l’on a suivi le parcours du batteur depuis cette époque enfiévrée ! Car cette ère là est révolue, il ne reste, quarante ans plus tard, qu’un ersatz mahavishnien dont le disque Palindrome est un reflet fidèle. Billy Cobham propose un jazz fusion dont la coloration sur scène à grands renforts de claviers – mauvais substituts d’une section de cuivres – est aujourd’hui très datée et formatée, frôlant le kitsch des années 80. A l’actif de Cobham, on soulignera une technique monumentale, mise en avant par une disposition centrale et surélevée, une virtuosité démonstrative que personne ne pourra lui contester. Mais toute cette mise en scène ne suffit pas à masquer une certaine vacuité de la démarche artistique, à l’exception de la reprise surpuissante de « Stratus » que le batteur avait composé dans le sillage de Mahavishnu sur son premier album Spectrum. Même son long solo final finit par susciter un peu d’ennui. Un de mes voisins comparait Billy Cobham à une voiture de course. Il n’avait pas tout à fait tort, car, oui, cette musique va vite et très fort, mais elle ne semble pas en mesure d’aller très loin. On pourra toujours écouter, parce qu’il s’agit là d’une belle réussite, le Meeting Of The Spirits que Cobham a enregistré en 2007 avec le HR Big Band dirigé par Colin Towns. Mahavishnu, quand tu nous tiens…

Chapiteau de la Pépinière – Jeudi 13 octobre 2011

 En écoute : « The Way To Nice », extrait de Mulatu Steps Ahead par Mulatu Atstake. 

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17 octobre 2011

Nancy Jazz Pulsations 2011 # 9

Chapiteau de la Pépinière Acte I

Folder.jpgDes places assises en plus grand nombre, un vrai soin apporté à la lumière, un son plutôt meilleur qu’à l’habitude malgré quelques approximations (comme au début du concert de Chucho Valdès), voilà une série d’améliorations qui est à souligner. Le Chapiteau de la Pépinière, lieu emblématique du Festival, évolue tranquillement, au rythme de la déambulation des spectateurs en quête d’un verre de bière ou d’un paquet de cacahuètes grillées vendues à prix d’or ; toujours imprégné de cette ambiance historique bien particulière, on adore le détester ou on déteste l’adorer, c’est selon l’humeur du moment !

Charles Lloyd a beau être nimbé de sa propre légende et des pages importantes qu’il a fait tourner à l’histoire du jazz, on imagine volontiers que le saxophoniste a ressenti un immense bonheur de voir sa musique dynamitée par un trio haut de gamme : Jason Moran au piano, Reuben Rogers à la contrebasse et Eric Harland à la batterie. Tous les trois ont assuré une bonne partie du spectacle, permettant à Charles Lloyd de servir en toute sérénité sa musique selon le mode introspectif qu’on lui connaît depuis longtemps, au saxophone ténor, à la flûte ou au tarogato. Cet artiste-là est libre, tout comme son jazz qui sait s’affranchir de la mélodie pour glisser vers des échappées plus aventureuses, mais toujours habitées. Le quartet communique peu avec le public, déroulant son histoire presque sans interruption dans une ambiance qui, reconnaissons-le, ne rend peut-être pas justice à son intensité méditative. Lloyd est un géant du jazz qui, de sa démarche hésitante, est venu nous inciter à regarder vers le haut.

Oublions la prestation de Raphael Gualazzi même si la standing ovation par une partie du public a de quoi interroger. Voilà un ersatz plutôt insipide de Paolo Conte dans un mauvais jour et de Jamie Cullum au quotidien, revu et corrigé par un directeur artistique ayant fait ses classes dans la Nouvelle Star : ses gesticulations associées au martèlement frénétique des touches de son piano mettent surtout en évidence la vacuité d’un propos convenu et une désagréable confusion entre énergie et séance de fitness. Quant à son massacre de « Caravan », il restera par ailleurs dans les annales du festival comme l'un des moments les plus terrifiants de cette édition... La conclusion s’impose : je ne suis pas le cœur de cible de ce type de produit marketing. Il faut savoir reconnaître ses propres limites. Tant mieux pour ceux qui aiment, après tout.

Fort heureusement, le cubain Chucho Valdés a redressé la barre d’une soirée qui menaçait de s’étioler en variété estampillée Bisounours au pays du jazz ! Avec ce pianiste bardé de prix et de distinctions, c’est un torrent d’énergie qui s’est déversé, notamment sous les coups de boutoir des trois percussionnistes de ses Afro-Cuban Messengers ; un flot de musique généreuse bien servi également par une paire trompette / saxophone jamais en mal d’inspiration. Valdés est aussi, à sa façon, un percussionniste, quoiqu’on ne saurait le cantonner à ce rôle de dynamiteur de touches qui a fait sa renommée : des incursions très mélodiques, aux confins du jazz et des univers de compositeurs comme Debussy ou Stravinski, ont aussi émaillé son propos, élargissant le spectre musical d’une formation enthousiaste, augmentée de la chanteuse Mayra Caridad Valdés, le temps d’un « Besame Mucho » ondulant et espiègle. L’un des beaux moments du concert aura certainement été « Zawinul’s Mambo », en hommage au créateur du groupe Weather Report, où l’on peut entendre une évocation de « Birdland » ; le groupe enchaînera avec « Stella By Starlight », rendu méconnaissable sous les assauts des fûts. On ressort de cette prestation aux rouages bien huilés tout ragaillardi à l’idée de s’être glissé dans les pas de Chucho, malgré la bruine qui nous rappelle que l’automne vient d’arriver.

Chapiteau de la Pépinière – Mercredi 12 Octobre 2011

En écoute : « Zawinul’s Mambo », extrait de Chucho’s Steps  par Chucho Valdés & The Afro-Cuban Messengers. 

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16 octobre 2011

Nancy Jazz Pulsations 2011 # 8

nancy jazz pulsations, citizen jazz jazz, manuel rocheman, simon goubertUn autre moment de grâce ! Le pianiste Manuel Rocheman n’a pas manqué son rendez-vous avec NJP en offrant un répertoire directement issu de The Touch Of Your Lips, Tribute To Bill Evans, disque émouvant et sensible surlignant les qualités solaires de son jeu et son amour de la mélodie. Si le trio (avec Mathias Allamane à la contrebasse et Simon Goubert à la batterie) diffère légèrement de celui-ci du disque, les qualités de la musique jouée sont à l’évidence intactes : mieux même, la présence de Goubert, très charismatique dans sa gestuelle évoquant son mentor Christian Vander, constitue une force de premier plan et un puissant pôle d’attraction pour ses comparses. Par l’interprétation de ses compositions ou de celles qu’il avait sublimées, Bill Evans est bien sûr l’inspiration de ce concert (« B Minor Waltz », « We Will Meet Again », « The Touch Of Your Lips ») qui met aussi en avant des thèmes originaux (« La Valse des Chipirons », « For Sandra » ou « Rhythm Changes »). Le rappel rendra hommage à un autre immense artiste, lui-même amoureux de la musique de Bill Evans, un certain Michel Petrucciani : « Lookin’ Up ». Ce thème splendide sera la conclusion irradiée du concert, où le trio, dans un équilibre en suspension, frôle la perfection. Sa belle unité a soufflé un doux vent de grâce dans un théâtre flambant neuf à l’acoustique irréprochable ; ses trois individualités, fortes et bien distinctes, ont une fois encore renouvelé un art pourtant éprouvé et malgré tout bien difficile.

Théâtre de la Manufacture – Mardi 11 Octobre 2011

En écoute : « Send In The Clowns », extrait de The Touch Of Your Lips, Tribute to Bill Evans.

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15 octobre 2011

Nancy Jazz Pulsations 2011 # 7

nancy jazz pulsations, china moses, citizen jazzTemporairement échappée du Grand Journal de Canal+, la grande messe quotidienne et néanmoins commercialement consensuelle de la chaîne parfois cryptée, China Moses est venue présenter sa passion pour les women in blues, et plus particulièrement pour Dinah Washington à laquelle elle a consacré en 2009 un disque : This One’s For Dinah. Epaulée par un trio très professionnel (Raphaël Lemonnier : piano et arrangements, Fabien Marcoz : contrebasse et Jean-Pierre Derouard : batterie) maîtrisant à la perfection tous les codes d’un exercice d’une facture très classique, la chanteuse a aisément endossé le costume de la meneuse de revue, parsemant son répertoire d’anecdotes à caractère humoristique. Dinah Washington est au centre de l’affaire parmi d’autres chanteuses, que ces dernières l’aient influencée ou qu’elles s’en réclament : Bessie Smith, Esther Phillips ou Mamie Smith par exemple. On feuillette ainsi avec China Moses un album dont les photos un peu jaunies nous persuadent, à tort certainement, que le temps s’est arrêté. Ce spectacle un brin suranné, d’un esprit presque music hall, ne réserve guère de surprises : tout est bien en place, mais les musiciens semblent un peu cachés derrière les stéréotypes qu’ils mettent en scène avec une application qui n’émeut guère. Le public a aimé, reconnaissant probablement ce qu’il avait envie d’entendre. Comme on déguste une friandise dont les saveurs s’évanouissent très vite.

Théâtre de la Manufacture – Mardi 11 Octobre 2011

En écoute : « Fine Fine », extrait de This One’s For Dinah.

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14 octobre 2011

Nancy Jazz Pulsations 2011 # 6

youn sun nah, nancy jazz pulsations, citizen jazzElle avait hypnotisé la petite salle de La Fabrique lors de la précédente édition de NJP. Son duo avec le guitariste Ulf Wakenius avait comblé le public, au premier rang desquels de jeunes enfants écarquillaient des yeux ébahis. La voici qui revient, mais en quartet et à l’Opéra ! Une sacrée montée en puissance… En douze mois, Youn Sun Nah est presque devenue une icône. Vincent Peirani à l’accordéon et Simon Tailleu à la contrebasse sont entrés cette année dans la danse lumineuse de la délicieuse coréenne qui paraît toujours aussi étonnée du phénomène d’adhésion qu’elle suscite. Le répertoire, tiré de ses deux derniers disques Voyage et Same Girl (à l’exception de « Avec le temps » chanté lors de l’un des trois rappels) est exactement le même qu’en 2010 : qu’importe, le charme opère instantanément. Seule à la kalimba ou à la boîte à musique, en trio, en duo ou en quartet, la chanteuse met à nu toutes ses émotions, ses joies, ses peines. Parfois, elle murmure, elle crie, avant d’évoquer, les yeux fermés, son pays natal dans un blues coréen. Elle emprunte des thèmes à Randy Newman, Léo Ferré ou Tom Waits ; ses musiciens rivalisent de lyrisme et de dialogues inventifs, parfois cocasses comme sur le splendide « Frevo » d’Egberto Gismondi. Ulk Wakenius, un grand monsieur, multiplie les trouvailles, massacrant au besoin une cannette de boisson gazeuse qui n’en demandait pas tant ; Vincent Peirani s’impose comme un parfait partenaire et sait aussi doubler avec un vrai charisme Youn Sun Nah au chant. Il faudra trois rappels – et un espiègle « Pancake » - pour assouvir la faim d’une salle conquise par une artiste décidément pas comme les autres. 

Opéra de Nancy – Lundi 10 Octobre 2011

En écoute : « Pancake », extrait de Same Girl.

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13 octobre 2011

Nancy Jazz Pulsations 2011 # 5

tigran hamasyan, a fable, nancy jazz pulsations, nancy jazz pulsationsIl n’est jamais évident de s’avouer qu’au-delà de la jeunesse et du talent de Tigran Hamasyan (le pianiste arménien a 24 ans), de sa virtuosité habitée, de son engagement physique et du corps à corps qu’il entreprend avec son instrument ; des paysages aux fragrances orientales qu’il dessine frénétiquement, sans oublier l’héritage de compositeurs comme Bartok ou Rachmaninov, tous accords plaqués des deux mains dans un flot continu de notes, en s’accompagnant parfois d’un chant qui mue de temps à autre en beat box ; d’un accueil chaleureux du public de l’Opéra de Nancy le rappelant une fois, la prestation de celui qui venait pour la seconde fois à Nancy Jazz Pulsations auréolé d’une reconnaissance internationale ne nous aura pas toujours autorisés à communier pleinement avec lui. Comme si l’interprétation de sa musique, puisée dans le répertoire de son récent et captivant A Fable, était encore prisonnière d’une épaisse carapace qui nous interdit souvent l’accès à son intimité. A n’en pas douter, Tigran Hamasyan est un grand monsieur, il a beaucoup de choses à nous dire et tout l’avenir devant lui : à lui maintenant de fendre un peu l’armure pour nous inviter à mieux entrouvrir sur scène les portes de son univers et faire du public l’acteur de sa musique plutôt qu’un spectateur admiratif.

Opéra de Nancy – Lundi 10 Octobre 2011

En écoute : « Carnaval », extrait de A Fable.

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12 octobre 2011

Nancy Jazz Pulsations 2011 # 4

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Faut-il recourir aux mots pour traduire le sentiment d’apesanteur et d’éternité qui aura submergé chacun des spectateurs venus écouter le duo formé par Ballaké Sissoko et Vincent Segal ? Voilà un pari un peu risqué tant les quatre-vingt dix minutes offertes par ces deux musiciens auront été habitées d’une plénitude confinant à la magie. Le disque Chamber Music, publié l’année dernière, était déjà un enchantement. Le concert de Nancy, dans le cadre théâtral de la Salle Poirel, a imposé le silence à tous tant l’union entre les deux musiciens s’apparente à un phénomène proche de la sorcellerie. La kora de Ballaké Sissoko constitue à elle-seule un spectacle passionnant : l’instrument, qu’il faut longuement accorder entre chaque morceau, est magnifique, il irradie de toute la lumière mémorielle de ceux qui en ont été les virtuoses à travers son histoire. Le violoncelle de Vincent Segal – qui endosse également le costume du maître de cérémonie – vient lover ses notes (à l’archet comme en pizzicato) au cœur des arabesques qui naissent des vingt-et-une cordes que Ballaké Sissoko manipule avec une admirable dextérité, mêlant douceur et vitesse d’exécution. Tous deux sont en communion, la musique des deux devient une et indivisible. Et même si les thèmes abordés sont parfois contemporains (ainsi « Ma-Ma FC » qui nous raconte l’histoire des fils respectifs des deux musiciens, qui se connaissaient par leur pratique du football avant que leurs pères eux-mêmes ne se rencontrent) et d’inspiration européenne (une composition est d’origine bretonne), Sissoko et Segal imposent à leur propos une tonalité, sinon religieuse, du moins hautement chargée en spiritualité. Voilà un moment qu’on n’est pas près d’oublier, celui d’un état de grâce.

 

Salle Poirel - Nancy - Vendredi 7 octobre 2011

En écoute : "Ma-Ma FC", extrait de Chamber Music.

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11 octobre 2011

Nancy Jazz Pulsations 2011 # 3

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 Quarante-huit heures après sa prestation en cette même salle Poirel mais en tant que membre du quintet d’Henri Texier, Francesco Bearzatti est revenu cette fois entouré de ses musiciens italiens. Ce quatuor baptisé Tinissima avait publié en 2010 le disque X (Suite For Malcolm), affichant par là une sacrée santé créative et une dynamique iconoclaste née de l’association formée par le saxophoniste et le trompettiste Giovanni Falzone (qui ressemble étrangement au bassiste Janik Top, mais ceci est une autre histoire). Le concert nancéen est à l’image de l’enregistrement, mais en plus explosif, il s’apparente à un feu d’artifice sonore où la vie du militant des droits afro-américains nous est contée par le recours à différentes formes de musiques noires : funk, rap, hip hop et jazz bien sûr. Jusqu’à une ambiance disco sur le thème appelé « Cotton Club » ! Jouée dans sa continuité, sans pause, l’œuvre est flamboyante, gorgée d’une sève bouillonnante et les dialogues entre les deux solistes sont à chaque fois très hauts en couleurs. Derrière eux, une rythmique surpuissante les pousse au meilleur. Francesco Bearzatti se déhanche plus que jamais, Giovanni Falzone trompette et éructe ses vocalises, la basse électrique de Danilo Gallo gronde et Zeno De Rossi foisonne derrière ses fûts. Le rappel, qui est aussi la conclusion de l’album : « Kinshasa », dédié à Mohamed Ali, vient glisser une ultime note à résonnance africaine et finit d’emporter l’adhésion d’un public attrapé à la gorge et bienheureux d’avoir été l’otage consentant d’un voyage aussi étourdissant.

Salle Poirel - Nancy - Vendredi 7 octobre 2011

En écoute : "Betrayal", extrait de la Suite For Malcolm X.

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10 octobre 2011

Nancy Jazz Pulsations 2011 # 2

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Dans la foulée du concert de Pascal Schumacher (voir note précédente), Henri Texier et ses musiciens n’ont pas manqué leur rendez-vous avec Nancy Jazz Pulsations. Son Nord Sud Quintet (Sébastien Texier : saxophone alto et clarinette, Francesco Bearzatti : saxophone ténor et clarinette, Manu Codjia : guitare, Christophe Marguet : batterie, Henri Texier : contrebasse) a très vite embarqué le public de la Salle Poirel vers des contrées peuplées de musiques vibratoires dédiées « aux musiciens noirs », d’Afrique ou d’ailleurs. Le groupe jouera la quasi intégralité de son dernier disque, Canto Negro et fera une démonstration d’une grande efficacité : le quintet, c’est la réunion d’individualités très fortes au service d’un collectif toujours en état de rébellion. Entre ballades mélancoliques (« Tango Fangoso », « De Nada ») et charges électriques puissantes (« Mucho Calor ») confinant au hard rock, la musique d'Henri Texier est un chant universel et émouvant. A 66 ans passés, le contrebassiste à l’éternel bonnet continue de creuser le sillon de sa révolte, il est un point de repère essentiel de notre scène jazz.

Salle Poirel - Nancy - Mercredi 5 octobre 2011

En écoute : "Tango Fangoso" - Henri Texier Nord Sud Quintet

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09 octobre 2011

Nancy Jazz Pulsations 2011 # 1

BangMyCan.jpg

J’avoue humblement mon ignorance : je ne connaissais Pascal Schumacher que de nom. C’est donc totalement vierge de toute information préalable que j’ai découvert la prestation de ce vibraphoniste luxembourgeois et de son quartet à la Salle Poirel, mercredi 5 octobre en première partie du concert d’Henri Texier. Une découverte, donc, et une bonne surprise. Le public est conquis dès les premières minutes par des compositions (originales pour la plupart) qui forment un répertoire acidulé, entre jazz et pop, et qui sont en grande partie extraites de Bang My Can, sixième et nouveau disque du quartet (dont les trois autres membres sont Franz von Chossyau piano, Christophe Devisscher à la contrebasse et Jens Düppe à la batterie). La musique s’articule autour de thèmes où la mélodie, très prégnante, s’accommode naturellement de développements sinueux et de changements de rythme, comme autant de rebondissements pourvoyeurs d’une vraie joie de jouer. Une sérénité qui s’épanouit sur scène par une dramaturgie qui n’est pas sans évoquer parfois les montées en tension du trio E.S.T., dans un climat toutefois plus détendu. Pascal Schumacher expliquera d’ailleurs qu’il connaissait fort bien Nancy Jazz Pulsations en tant que voisin (Luxembourg est à moins de 100 kilomètres de Nancy), une proximité qui lui avait donné l’occasion d’applaudir, entre autres, le suédois et néanmoins regretté Esbjörn Svensson. L’interaction entre le vibraphone et le piano contribue pour beaucoup au charme de cette musique : une complémentarité de couleurs et de timbres entre le jeu vibrionnant de Pascal Schumacher et l’approche plus intériorisée de Franz von Chossy. En guise de conclusion, Pascal Schumacher et ses musiciens revisiteront « Sing », une chanson du groupe écossais Travis, l'une de leurs références assumées. Leur succès mérité aura constitué une première page jazz réussie l'édition 2011 du festival.

Salle Poirel - Nancy - Mercredi 5 octobre 2011

En écoute : "Bang My Can" - Pascal Schumacher Quartet

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05 octobre 2011

Magique

stanza, kalimba, musée du quai branly, youn sun nah, my favorite things, john coltraneVoilà une petite carte postale, souvenir d’une récente visite du Musée des Arts Premiers, un lieu né de par la volonté du plus anosognosique de tous les anciens présidents de la République qui, déjà à l’époque, avait la mémoire courte sur son passé récent mais vouait un culte à celle des très anciens. Pas grand monde du côté du Quai Branly, aucune attente aux caisses, juste les bonnes conditions pour une tranquille déambulation, souvent dans une demi-pénombre semble-t-il voulue par les concepteurs de ce site.

Forcément, je me suis attardé sur les instruments de musique et j’ai été immédiatement séduit par ce joueur de sanza (originaire du Centrafrique), parfois appelé piano à pouces. On trouve de par le monde différentes déclinaisons de ce précieux objet : tout récemment, sa version Ougandaise, appelée kalimba, a été remise au (bon) goût du jour par Youn Sun Nah, qui illumine la célèbre chanson « My Favorite Things », tirée de la comédie musicale The Sound Of Music (en France, La mélodie du bonheur) que John Coltrane avait de son côté transfigurée un beau jour d’octobre 1960.

La voix de la chanteuse Coréenne, son interprétation émouvante, seule avec sa kalimba, sont un pur enchantement. Les images, quant à elles, vous expliqueront d’elles-mêmes le surnom de l’instrument.

Un peu de magie…

01 octobre 2011

Pierrick Pédron - Cheeleaders

pierrick pedron, cheerleaders, citizen jazzOn l’attendait un peu au tournant, l’ami Pierrick Pédron, lui dont le bel Omry avait éclaté au printemps 2009 : Omry, une proposition ambitieuse qui dépassait le contexte du jazz ou du rock, dans un mélange d’influences orientales et de regards vers l’univers de Pink Floyd et ses inspirations psychédéliques. Chaleureusement accueilli à l’époque, ce disque révélait non seulement une évolution majeure dans la carrière du saxophoniste, mais aussi le fruit déjà mûr du travail d’un groupe soudé dont l’identité sonore s’affirmait d’emblée. Cheerleaders, deuxième œuvre d’un sextet pas comme les autres, vient balayer d’un revers de l’anche les questions qu’on aurait pu se poser quant à ce qui s’apparente chez le saxophoniste à une véritable quête.

Lire la suite de la chronique sur Citizen Jazz...

30 septembre 2011

Face

citizen jazz, blogComme une conséquence naturelle des faits relatés dans ma précédente note, je vois le niveau de ma pile de disques en souffrance s’élever (j’en compte une douzaine dont je dois rédiger la chronique pour Citizen Jazz). Soucieux de la responsabilité qui est la mienne, je m’efforce d’établir des règles destinées à améliorer ma productivité. Planning raisonnable (ce qui signifie que je ne dois pas ignorer la nécessité du repos), prises de notes à la volée sur tous les supports à portée de main : carnets, téléphone, simples bouts de papiers, recoins de ma tête qui n’en demande pas tant… tous les moyens sont bons pour ne pas me laisser déborder. Je dois aussi (ré)apprendre à écrire plus court, plus juste, contrecarrer une tendance naturelle à l’épanchement - même si je ne m’interdis pas la possibilité d’un laisser aller vers de bienfaisantes parenthèses digressives. C’est aussi l’occasion d’un retour aux sources de ce blog qui se voulait light et quotidien lorsque j’ai mis en ligne sa nouvelle mouture au mois d’août 2008. Comme un sportif pratiquerait un jogging de remise en forme, je me fixe un objectif d’écriture, sinon quotidienne, du moins pluri-hebdomadaire et un thème constant : la musique. Et je repousse la publication de mon premier bouquin, pour ne pas m’éparpiller (mais le contenu des trois premiers est là, bien rangé, prêt pour une révision) : ce sera pour un peu plus tard. En attendant, je vous en propose la couverture possible. L’art de faire les choses à l’envers ?

29 septembre 2011

Pile

Live In Cologne.jpgJ’ai reçu la semaine dernière une petite livraison de CD à chroniquer pour Citizen Jazz… Trois nouvelles galettes : un Live in Cologne 1983 de Weather Report (dont la première écoute m’a un peu ennuyé, parce que la musique me paraît avoir mal vieilli, mais sur laquelle je reviendrai car la paire Zawinul / Shorter le mérite bien) ; le surprenant et inclassable Des Clairières dans le Ciel de Lionel Belmondo dont l’Hymne au Soleil s’est frotté au Chœur National de Lettonie ; enfin le très réjouissant et inventif Des Trucs Pareils de Ping Machine, un grand ensemble dirigé par le guitariste compositeur Fred Maurin. C’est un privilège que d’avoir à écrire afin de rendre compte au plus de nos émotions du travail de ces artistes. Une responsabilité aussi, car mes chroniques sont lues, voire attendues, et je dois par conséquent prendre le temps d’écouter, une fois, deux fois… et même beaucoup plus, ne serait-ce que par respect des musiciens. Mais je garde ma ligne de conduite : privilégier l’émotion.

27 septembre 2011

Vertébral

grateful dead, europe 72Le Dead Store m’informe de l’expédition depuis San Francisco d’un double CD du Grateful Dead qui résonne en moi de façon très particulière. Ce disque goûteux, appelé Europe ’72 Vol. 2, fait remonter bien des souvenirs que j’ai déjà relatés… A l’époque, il y aura bientôt quarante ans, le groupe avait publié un triple trente-trois tours lumineux qui est resté ancré en moi, très probablement pour toujours, comme l’est cette musique en général. Une musique que je finis par considérer comme ma colonne vertébrale, autour de laquelle je m’efforce depuis de consolider un appareil musculaire toujours trop chétif. Au-delà des innombrables exhumations d’enregistrements live qui se succèdent depuis la fin de l’histoire du groupe (consécutive à la mort de son leader Jerry Garcia le 9 août 1995) et qui peuvent recouper cette nouveauté, ce volume, dont le répertoire complète celui du premier, arbore les mêmes couleurs que son prédecesseur, celles de l’Ice Cream Kid de Kelley & Mouse, enfonçant encore un peu plus profond le coin de la nostalgie. 156 minutes qui déroulent une musique imprégnée de rhythm’n’blues, de folk, de rock et nimbée de longues improvisations culminant ici en une séquence de plus d’une heure avec l’enchaînement de « Dark Star » et « The Other One », témoignages encore très vivaces de la période psychédélique du Dead. Voilà un disque à recommander aux Deadheads qui n’auront pas les moyens de s’offrir pour la modique somme de 450 $ le monumental coffret de 66 CD rassemblant l’intégralité des 22 concerts donnés par le groupe à l’occasion de sa grande tournée européenne de 1972… Un coffret qui va fort heureusement connaître un très attendu éclatement, sous la pression amicale des fans réclamant à corps et à cris une parution individualisée. Je me dis que les concerts parisiens de l’Olympia traverseront prochainement l’Atlantique…

26 septembre 2011

Coupe-file

franck avitabile, edvard munch, centre pompidouRencontre impromptue hier avec le pianiste Franck Avitabile, venu découvrir l’exposition que le Centre Pompidou consacre au peintre norvégien Edvard Munch (une exposition qui mérite le détour, soit dit en passant). Une première petite conversation avant que chacun – lui d’abord en raison d’un timing musical assez serré dans l’après-midi – ne grimpe jusqu’au sommet du grand escalator avant une attente annoncée de plus de quarante minutes... finalement réduites à un petit quart d’heure. Ayant réussi à se faufiler habilement dans la file des visiteurs, notre artiste du jour a eu l’excellente idée de nous faire signe pour nous inviter à le rejoindre. Mes jambes ont approuvé !

25 septembre 2011

Vertiges

perrine_mansuy.jpgPerrine Mansuy présentait hier son Vertigo Songs, magnifique album dont j’ai récemment rendu compte pour Citizen Jazz, au Sunside, rue des Lombards à Paris. Un moment important pour elle et ceux qui l’entouraient. L’équipe était au complet puisqu’autour de la pianiste évoluaient Rémy Decrouy à la guitare, Jean-Luc Difraya aux percussions et la très charismatique Marion Rampal au chant. Cette musique, finement ciselée et hautement dosée en onirisme, aurait peut-être mérité un meilleur écrin que celui d’hier soir. Confort spartiate, scène plus qu’exigüe, acoustique incertaine, accueil peu chaleureux... Les clubs parisiens sont un passage obligé pour les artistes, qui doivent bien s’accommoder des conditions qu’ils leur offrent. Fort heureusement, le talent de Perrine Mansuy aura imposé le silence aux spectateurs les plus proches du bar. Une belle performance et un appel à ceux qui pourraient la programmer, parce qu’ils ne le regretteront pas. En attendant, achetez le disque !

24 septembre 2011

Rebelle

neil_young.jpgMon pote Gérard Nguyen vient de m’apporter un exemplaire de Neil Young, Rock’n’Roll Rebel?, le bouquin écrit par le journaliste JeanDo Bernard dont il a assuré la mise en page pour le compte des éditions Camion Blanc. Un double plaisir car passer une heure en compagnie de l’ami Gérard, c’est l’assurance d’une conversation passionnante qui va fourmiller des mille et une anecdotes qu’il raconte avec passion ; mais aussi parce que le bouquin, loin d’être une simple biographie, présente un angle d’attaque très intéressant : l’auteur analyse les prises de position du Canadien solitaire, tant au plan social que politique ou écologique, quitte à en souligner les contradictions. Voilà de belles heures de lecture en perspective !