30 novembre 2011
LED - The Ocean
Belle démonstration de la vitalité de la scène jazz suédoise ! Mais LED nous permet surtout de découvrir un batteur arrangeur qui n’hésite pas, comme beaucoup d’autres musiciens désormais, à instiller dans sa musique - d’essence jazz - la part de rock qu’elle mérite. Ou plutôt, si on l’en croit, pour avoir grandi avec une oreille jazz et une oreille rock il estime avoir « bouclé la boucle » avecThe Ocean, un album qu’il publie aujourd’hui sur le label indépendant Kopasetic Productions dans une formation dont on comprendra très vite pourquoi il a choisi de la baptiser ainsi.
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28 novembre 2011
Coltrane à Düsseldorf
On croit toujours qu’on en a terminé – depuis tout ce temps passé à accumuler des galettes, à classer les enregistrements par session, parfois aussi à écouter un peu de musique - et qu’enfin, le rangement des disques estampillés John Coltrane connaîtra enfin la stabilité que la limitation physique du rayonnage finira bien de toutes façons par lui imposer. La liste des disques est longue, très longue, la pêche très souvent miraculeuse, le feu d’artifice à peine entaché par quelques incongruités mises sur le marché par d’obscurs labels plus soucieux de faire fructifier à bon compte d’inaudibles enregistrements captés avec les moyens du bord sur le dos courbé de la cohorte des collectionneurs – dont j’ai bien peur de faire partie – que de valoriser vraiment le génie du saxophoniste.
Eh bien non ! La lutte est décidément inégale… Car voilà qu’un label germanique appelé Jazzline nous livre en pâture une petite quarantaine de minutes (bien) enregistrées le 28 mars 1960 dans les studios de la WDR à Düsseldorf.
Avant d’aller plus loin, il faut situer le contexte assez particulier de cet enregistrement pas comme les autres : huit jours auparavant, le 20 mars très précisément, Coltrane était en train de chahuter bien malgré lui le public venu écouter le quintet de Miles Davis ; sa dernière tournée avec l’étincelante formation du trompettiste et un accueil pour le moins… contrasté ! Il faut dire que le saxophoniste avait laissé libre cours à son imagination la plus iconoclaste, n’hésitant pas à zébrer ses interventions d’harmoniques certainement déroutantes pour une partie de l’audience. Coltrane était déjà sur une autre planète.
Je vous propose d’écouter son chorus sur « All Of You » lors de ce concert désormais mythique : vous pourrez vous faire une petite idée de ce qu’était le Coltrane en ce début d’année 1960. Loin d’être simplement le sideman accompli qu’on peut retrouver tout au long de la seconde moitié des années 50, Coltrane avait déjà marqué de son empreinte le monde du jazz, en particulier depuis qu’il avait signé pour le label Atlantic et enregistré quelques pépites ayant pour nom Giant Steps ou Coltrane Jazz. On le retrouve ici dans toute la force d’un jeu inspiré par une quête qui ne cessera de le hanter durant les sept années qui suivront, jusqu’au souffle ultime. Un sacré moment de musique à travers lequel on peut certes percevoir une hostilité manifestée par certains spectateurs mais aussi l’enthousiasme de bien d’autres !
Deux jours plus tard, les musiciens seront à Stockholm, puis à Copenhague le 24. Plus tard, ils rallieront Francfort, Zurich et Scheveningen. Mais en ce 28 mars, point de Miles Davis (ne me demandez pas de vous expliquer son absence, je n’en connais pas la raison). Voilà donc notre Coltrane promu au rang de leader temporaire d’un quatuor formé par ailleurs de Paul Chambers (contrebasse), Wynton Kelly (piano) et Jimmy Cobb (batterie). Une formation avec laquelle il avait d’ailleurs enregistré Coltrane Jazz. Cet enregistrement ne serait qu’un de plus parmi beaucoup d’autres dans une collection déjà impressionnante si les quatre musiciens n’avaient pas été rejoints aux studios de la WDR par un duo majeur formé de Stan Getz (saxophone) et Oscar Peterson (piano). Comme dirait l’autre, c’est de la bombe ! Le quartet devenu sextet nous livre un magnifique « Medley » où sont incorporés les thèmes de « Yesterday », « Autumn Leaves », « What’s New » et « Moonlight In Vermont » avant de conclure par « Rifftide ». Un moment rare, plus de quinze minutes de musique enchantée et l’idée qu’une page de l’histoire du jazz s’est écrite là, dans la sérénité du talent de ces musiciens hors normes ; et même si les styles de Coltrane et Getz sont très différents, leur opposition est fraternelle, généreuse et baignée d’une lumière dont les rayons continuent de briller plus de cinquante après.
Ce Coltrane - 1960 Düsseldorf est un petit bonheur. Vous me croirez si vous voulez, mais je lui ai tout de suite trouvé sa place dans ma discothèque.
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23 novembre 2011
Respect, monsieur Paul !
C’est toujours la même histoire : on a beau savoir que nos héros finiront par quitter ce monde un jour ou l’autre, on a beau savoir qu’un petit coin du Paradis - celui des artistes aux yeux brillant de milliers d’étoiles - leur est réservé et conférera à leur art cette part d’éternité qu’ils ont tant méritée… quand vient le moment du départ, votre cœur saigne et vous n’y pouvez rien. Une lumière s’éteint et plonge votre quotidien dans une pénible pénombre que seuls les témoignages sonores gravés parviennent à éclairer un peu. Et à chaque fois vous enragez de constater que trop d’humains malfaisants se vautrent et s’exhibent dans une insolente longévité qui rend encore plus insupportable l’absence de vos magiciens.
Hier, j’ai appris la disparition de Paul Motian, à l’âge de 80 ans. Sacré personnage, dont la biographie bien ficelée sur Wikipedia nous rappelle à quel point le batteur aura été au cœur de magnifiques batailles, et jusqu’au bout parce que je ne manquerai pas de souligner ici que, tout récemment encore, je recevais un album entêtant, de ceux qui vous bousculent dans votre douce routine quotidienne, dont il était l’un des magnifiques acteurs !
Quelques repères pour bien comprendre qu’un très grand monsieur est parti : je ne peux d’abord ignorer que Motian avait décliné l’offre que lui avait faite un certain… John Coltrane de devenir son second batteur, ce qui peut donner une première idée de son talent. Durant cinq ans, à partir de la fin des années 50, il sera membre du trio de Bill Evans ; quelque temps plus tard, on le trouvera aux côtés de Paul Bley, puis dans un autre trio, celui de Keith Jarrett ; Motian sera également de l’aventure du Liberation Music Orchestra de Charlie Haden. Mais aussi de ce disque mythique que fut Escalator Over The Hill, sous la direction de Carla Bley. La suite est tout aussi pavée de belles attentions (je dis bien : attentions) : c’est à partir du début des années 70 qu’on pourra le voir enregistrer sous son nom, en particulier pour le compte du label ECM et multiplier les collaborations prestigieuses : Bill Frisell, Joe Lovano, Lee Konitz, Dewey Redman, Henri Texier, Chris Potter… J’arrête là cette liste que vous compléterez vous-même.
Quant au style, d’autres que moi en parleraient beaucoup mieux mais chacun s’accordera à dire qu’il était d’abord un mélodiste plutôt qu’un frappeur. Un musicien subtil, un homme de climats où la finesse le disputait à l’invention.
Difficile d’opérer un choix dans sa discographie, il y a de quoi se nourrir un bon paquet d’heures, vous pouvez piocher aussi bien dans ses collaborations avec Keith Jarrett que Bill Evans, fouiner dans les productions de son trio avec Bill Frisell et Joe Lovano ou bien prêter une oreille à son Electric Bebop Band (tiens, écoutez donc Garden Of Eden en 2006, par exemple)…
Ma petite histoire personnelle me relie, très indirectement je le reconnais, au parcours musical de Paul Motian et plus précisément à deux disques auxquels il a contribué. Ce fut d’abord en 1997 lorsqu’Henri Texier réunit une véritable dream team, le temps d’un album enchanté qui s’appelait Respect. Pensez-donc : autour du contrebassiste, Steve Swallow (basse électrique), Bob Brookmeyer (trombone), Lee Konitz (saxophone alto) et Paul Motian, bien sûr. Une belle brochette d’artistes majeurs, du bonheur en condensé d’une heure. Intemporel et indémodable. C’est d’ailleurs à cette époque que j’ai fait la connaissance d’Henri Texier, du côté de Saint-Gilles-Croix-de-Vie, et je me souviens que nous avions évoqué ce disque si particulier. Je ne pourrai pas l’oublier. Et ce n’est pas un hasard si, comme mû par un réflexe, en souvenir de ces instants privilégiés, c’est à lui que j’ai voulu annoncer sans attendre le décès de Paul Motian.
Et puis, voici quelques mois, j’ai reçu un disque assez déroutant, fouineur et audacieux, qu’on découvre au fil des écoutes : Consort In Motion est un petit ovni lancé dans la stratosphère du jazz par un jeune tromboniste Suisse, Samuel Blaser, qui s’aventure à un palimpseste hardi de la musique de Monteverdi. Ce musicien, du haut de sa trentaine conquérante, bénéficie pour l’occasion du coup de main déterminant de celui qui allait bientôt souffler ses 80 bougies (le disque a été enregistré fin décembre 2010), monsieur Paul Motian. Mes pensées sont aussi allées vers Samuel, qui savait et savourait le privilège d'une telle expérience.
Jusqu’au bout, le batteur aura donc été sur la brèche : oui, ce musicien était resté – qu’on me pardonne ce néologisme – créactif parce que la musique circulait avec la même vigueur dans ses veines et se déversait avec un égal bonheur sur nos passions. Elle s’écoule aujourd’hui en larmes irisées, mêlant la tristesse d’une vie qui s’envole et la joie de savoir que l’artiste est encore avec nous pour longtemps.
Merci, monsieur Paul. Respect !
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22 novembre 2011
Hé, Manu, tu descends ?
Quand le pianiste Emmanuel Borghi sort du bois…
Il y a comme ça des journées qui font du bien. Parce qu’on en a besoin, non, vous ne trouvez pas ? L’avenir est gris très sombre, plombé, et beaucoup d’entre nos concitoyens ressentent violemment les effets du piège qui se referme sur nous, selon une logique implacable dont j’aurais du mal à connaître la raison profonde – la cupidité ? la veulerie ? la stupidité ? la connerie humaine ? – mais qui m’a souvent valu de me faire passer pour un hurluberlu dès lors que j’essayais – c’était il y a bien longtemps, à l’aube des années 80 - d’en comprendre la mécanique et que je n’hésitais pas à employer le mot de dictature pour qualifier le régime sous lequel nous vivions et la folie financière qui se répandait comme la peste (une épidémie dont on pourrait approximativement calculer l’âge, qui avoisine la quarantaine). Attention ! Je ne suis pas naïf au point de croire que tout était mieux avant – je laisse cette illusion à d’autres rêveurs enfantins – mais, comment dire ? Je n’ai pas attendu 2008 pour savoir que nous étions mal barrés et que les capitaines à bord auraient mérité d’être balancés à la mer depuis belle lurette, et sans bouée de sauvetage s’il vous plaît. Nous avons atteint aujourd’hui une sorte de premier sommet sur lequel sont perchés aujourd’hui une poignée d’irresponsables bouffis qui nous expliquent maintenant qu’il va falloir que nous sautions dans le vide si nous souhaitons nous en tirer… Messieurs, sautez les premiers, je vous suis…
Bref, assez de pessimisme… hier donc, mon salon était baigné d’une lumière d’automne absolument irrésistible : de celles qui vous conduisent inéluctablement à vous prélasser dans le fauteuil où vous vous effondrerez en compagnie d’un livre (tiens, un bon vieux Dashiell Hammett, Le Faucon Maltais par exemple) ou d’un disque (50 Words For Snow, le nouveau Kate Bush dont je parlerai bientôt). Un confort éminemment petit bourgeois, j’en conviens volontiers, mais moment privilégié parce que vecteur du nécessaire oubli passager des brutalités extérieures.
C’est hier également que le pianiste Emmanuel Borghi a partagé sur un réseau social un premier extrait du disque qu’il publiera au début de l’année 2012.
Alors ça, mes amis, c’est une excellente nouvelle ! Je ne vais pas vous réécrire l’histoire de ce musicien trop rare mais je pourrai la résumer en vous expliquant qu’après une vingtaine d’années passées au service de la musique de Christian Vander, Manu a tourné la page en 2008, embarquant avec lui femme et beau-frère (Himiko et Antoine Paganotti). Depuis, le sieur Borghi nous a donné de ses nouvelles, ne serait-ce qu’en étant partie prenante d’une réjouissante expérience, SLuG, dont j’avais évoqué le premier disque dans les colonnes de Citizen Jazz. On savait aussi qu’un second bébé limace était en gestation, enregistré dans d’excellentes conditions du côté de Radio France. Un disque qui devrait voir le jour assez vite. Miam miam !
Voici quelque temps déjà, Manu m’avait confié par ailleurs qu’il travaillait sur un disque en solo et en trio. De quoi nous faire saliver, nous qui n’avions jusqu’à présent qu’à nous mettre sous la dent ses Anecdotes parues en 1996 (je crois qu’on peut encore se les procurer chez Musea, allez-y, c’est un chouette disque !). Une éternité en quelque sorte… Je n'oublie pas cependant qu'entre temps, Manu a participé au groupe One Shot, dont la musique crypto-crimso-zeuhl avait de quoi vous bousculer par sa noirceur méthodiquement dosée.
Et c’est hier qu’il a choisi de livrer à nos oreilles attentives sa reprise de « Don’t Give Up », une magnifique chanson de Peter Gabriel qu’on avait pu découvrir en 1986 sur l’album So et pour lequel le chanteur s’était adjoint les services d'une certaine… Kate Bush, encore elle ! World is so small.
C’est mon jour de bonté, alors je vous propose une double écoute. D’abord celle de la version originale :
Et comme je souhaite ne reculer devant aucun sacrifice, je vous en livre les paroles, dont on s’apercevra vite qu’elles pourraient faire écho aux souffrances humaines de nos temps troubles… Il faut toujours comprendre les textes des chansons, c'est un vieux principe intangible, même lorsque ces dernières font, plus tard, l’objet de reprises instrumentales.
« In this proud land we grew up strong
We were wanted all along
I was taught to fight, taught to win
I never thought I could failed
No fight left or so it seems
I am a man whose dreams have all deserted
I've changed my face, I've changed my name
But no-one wants you when you lose
Don't give up
'cause you have friends
Don't give up
You're not beaten yet
Don't give up
I know you can make it good
Though I saw it all around
Never thought that I could be affected
Thought that we'd be last to go
It is so strange the way things turn
Drove the night toward my home
The place that I was born, on the lakeside
As daylight broke, I saw the earth
The trees had burned down to the ground
Don't give up
You still have us
Don't give up
We don't need much of anything
Don't give up
'cause somewhere there's a place
Where we belong
Rest your head
You worry too much
It's going to be alright
When times get rough
You can fall back on us
Don't give up
Please don't give up
Got to walk out of here
I can't take any more
Going to stand on that bridge
Keep my eyes down below
Whatever may come
And whatever may go
That river's flowing
That river's flowing
Moved on to another town
Tried hard to settle down
For every job, so many men,
So many men no-one needs
Don't give up
'cause you have friends
Don't give up
You're not the only one
Don't give up
No reason to be ashamed
Don't give up
You still have us
Don't give up now
We're proud of who you are
Don't give up
You know it's never been easy
Don't give up
'cause I believe there's a place
There's a place where we belong. »
Voilà, vous avez la matière première bien en tête ; je vous propose maintenant d’écouter les premières minutes de la reprise (la cover comme disent les anglois) d'Emmanuel Borghi et ses complices.
Emmanuel Borghi : piano ; Antoine Paganotti : batterie ; Blaise Chevallier : contrebasse.
Lumineux, tout simplement. Je n’ai pas envie d’ajouter le moindre commentaire superflu. Voilà qui nous rend impatients d’écouter tout l’album, qu'on pourra se faire glisser sereinement entre les tympans dans quelques semaines, vers le mois de février 2012.
Et merci à Manu de m’avoir confié la source à partir de laquelle j’ai pu partager cette musique sur mon blog.
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21 novembre 2011
Nancy Jazz Pulsations Acte II
Dans ce deuxième épisode, on voit se côtoyer des musiciens escortés d’une légende qui peut soit engendrer la déception (Billy Cobham), soit élever la musique vers des sphères méditatives (Charles Lloyd), alors que d’autres vont faire parler leur lumière propre (Stéphane Belmondo, Manuel Rocheman, Mulatu Astatke). D’autres enfin paraissent un peu désuets (China Moses), voire totalement incongrus (Raphael Gualazzi). Mais en définitive, dix jours de de bonnes vibrations à haute dose.
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15 novembre 2011
Pulsations visuelles
Pour une fois, laissons nos yeux et rien qu'eux partir en promenade rétrospective du côté des scènes automnales de l'édition 2011 de Nancy Jazz Pulsations. L'ami Jacky Joannès a faufilé ses objectifs au plus près de la musique vivante pour nous proposer une petite sélection sous la forme d'une diaporama d'une bonne quarantaine de photographies. Citizen Jazz lui a bien volontiers ouvert ses portes, et c'est un ravissement, même si l'on ne connaît pas sur le bout des doigts la biographie de chacun des artistes qui sont mis en scène. Il suffit de regarder et d'imaginer... ou de se souvenir !
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10 novembre 2011
Jannick aimé
J’ai réalisé lundi matin par téléphone l’interview d’un musicien décidément pas comme les autres et pour lequel j’ai une grande admiration, quelles qu’en soient les apparentes contradictions. Si vous ne connaissez pas son nom, peut-être que la photographie de cette note vous fera penser que sa silhouette ne vous est pas totalement inconnue. Cherchez bien… Vous n’êtes pas au fait de l’histoire de Magma ou de la Musique des Sphères ? Aucune importance car je serais surpris si vous ne l’aviez jamais aperçu aux côtés de chanteurs comme… Michel Berger, France Gall, Johnny Halliday ou, tout récemment, Jacques Dutronc. Une drôle de schizophrénie artistique sur laquelle j’ai pu échanger avec lui, et obtenir des réponses très intéressantes, voire émouvantes.
Je veux parler de monsieur Jannick Top.
Cet entretien, lié à la parution du second disque de Troc, un groupe dont il fait partie et qui avait été formé en 1971 par le batteur André Ceccarelli, fera l’objet d’une parution prochaine dans Citizen Jazz, en lien avec la chronique de l’album. Il s’agit vraiment d’un petit événement parce que Troc 2011 est en fait le second disque de cette formation, dont l’existence très éphémère avait pris fin en 1972. Notamment parce que Top, bassiste surpuissant, avait été repéré par un certain Christian Vander, le Kobaïen fou qui s’était empressé de le débaucher pour l’embarquer sur sa drôle de planète dont la pureté n’a jamais été sans laisser dans son sillage un petit parfum d’ambiguïté. Une collaboration qui durera environ deux ans, avant une nouvelle tentative d’association en 1976 (Vandertop) et pour finir, la séparation. Puis une exploration par Top, certes moins créative mais probablement plus rémunératrice, d’autres univers dans le monde de la variété.
Sauf que le virus des musiques stratosphériques n’était pas éradiqué : on se souvient de La Musique des Sphères, et dans les années 90 d’un trio plutôt intéressant, STS ; puis un disque remarqué avec le trompettiste Eric Le Lann en 2006 et, dès l’année suivante, une sacrée Infernal Machina où Jannick Top remettait les pendules à l’heure et voulait par là signifier l’importance de sa contribution à l’histoire de Magma (selon moi, les mouvements VII à XI sont probablement l’une des plus belles séquences enregistrées par le groupe ; mais ce n'est que ma modeste opinion et je vais encore me faire honnir par les gardiens du Temple... Pas grave, j'ai l'habitude : même pas peur !). Car s’il prétend avoir voulu rendre hommage à Christian Vander avec sa machine infernale, il n’aura échappé à personne qu’en creux de cette musique sombre, ou plutôt en relief, se dessine très clairement tout ce que le groupe lui devait à l’époque. J’ai mis des années à comprendre pourquoi Köhntarkösz était mon disque préféré de Magma (bien loin devant tous les autres). J’avais certes remarqué qu’il ne ressemblait en rien aux autres, et surtout pas à ceux de la martiale trilogie Theusz Hamtaahk qui me continue de me gêner un peu aux entournures (cette fois, je suis banni à jamais...), mais il m’a longtemps échappé à quel point l’âme de Top souffle sur cette musique. Ecoutez le final de l’album, vous saurez de quoi je parle.
Dans l’interview, Jannick Top explique qu’il a toujours ressenti le besoin de ne pas se cantonner à un seul projet, qu’il lui faut évoluer dans le changement. On est content, cependant, de constater qu’il a retrouvé ses vieux copains et qu’il a déployé avec eux une énergie très saine pour nous offrir une musique imprégnée de rock, de jazz, de soul et de funk. Le disque respire le plaisir de jouer ensemble. Un vrai cocktail vitaminé ! Surtout que Troc nous revient presque dans sa formation d’origine : autour de Ceccarelli et Top, voici à nouveau Claude Engel à la guitare et Alex Ligertwood au chant. Seul le pianiste Henri Giordano n’est pas de la fête mais son remplaçant est un certain Eric Legnini, à lui-seul une assurance groove.

Top est au top, dans ses compositions revient souvent le mot spirit et ça me plaît bien !
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08 novembre 2011
Elliott Murphy
Mais que vient donc faire un disque d’Elliott Murphy, le plus français des songwriters américains, héritier tout à la fois de Bob Dylan, Bruce Springsteen ou encore Lou Reed, dans les chroniques de Citizen Jazz ? Pas du jazz, nous dira-t-on ! Non, en effet, pas du jazz : juste un disque brillant, tendu comme un arc, à sa manière un disque parfait où s’entrecroisent avec beaucoup de fluidité ballades teintées de blues et rock’n’roll endiablés. Et une étonnante faculté d’enchaîner hits potentiels et classiques instantanés. Prêtez donc, pour vous en convaincre, une oreille à « Gone, Gone, Gone », « Train Kept A Rolling », « Rain Rain Rain », « Rock’n Roll ’N Rock’n Roll » ou encore au très dylanien « Poison’n Grace » qui déroule les paysages d’une Amérique cinématographique avec un fort pouvoir de séduction.
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Et une petite vidéo, pour la route !
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07 novembre 2011
Nancy Jazz Pulsations Acte I
NJP 2011, c’est fini ! Au-delà d’un bilan qui atteste de la vitalité du festival malgré des nuances qu’on doit apporter (si la fréquentation globale, tous lieux et concerts confondus, est en progression, le cru 2011 aura été moins faste au Chapiteau de la Pépinière que son prédécesseur dont on s’aperçoit a posteriori qu’il était exceptionnel), Nancy Jazz Pulsations demeure pour Nancy et la région Lorraine un événement automnal de premier plan.
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06 novembre 2011
The sound of silence

J'étais récemment dans le TGV qui me conduisait de Paris à Nancy. Un train facétieux qui a pris la voie buissonnière et accompli le trajet en plus de cinq heures au lieu des 90 minutes annoncées... Plutôt que de ronchonner et me rallier à une cause sans objet (comment peut-on imputer à la SNCF le choix d’une voie ferrée comme terrain de suicide ?), j'ai entrepris la rédaction d'une chronique à destination de mon blog ou de Citizen Jazz.
Seul hic : le disque que j’avais décidé d’évoquer ne m’a pas vraiment transporté. Non qu'il soit mauvais, mais simplement parce qu'il m’a laissé sur le bord de sa route. Je n’ai pas réussi à monter dans l’embarcation. C’est ainsi : comme tout être humain, je revendique le droit à une sensibilité singulière qui ne peut tout absorber et s’extasier à l’infini. Même si je crois avoir montré ici une certaine ouverture d’oreille.
Une fois mon texte terminé, j'ai longuement pesé le pour et le contre, avant de me rendre à l'évidence : je n'aime pas armer ma plume d'une lame trop tranchante. S'il peut m'arriver ici ou là d'émettre une opinion négative (comme je l'ai fait voici peu de temps après un concert catastrophique proposé par Nancy Jazz Pulsations), c'est en général pour mieux souligner d’autres éléments qui, eux, m'ont enthousiasmé. Mais la chronique négative n'est pas ma tasse de thé ; je lui préfère le silence. Libre à d'autres de s'exprimer s'ils le souhaitent : de mon côté je préfère mobiliser mes énergies positives.
Alors voilà : je garderai ce texte pour moi. Inutile de peiner ou de blesser, je n'en ai pas envie.
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