lundi, 27 avril 2009

Grève

En raison de l'arrêt de travail de certaines catégories de personnel, nous ne sommes pas en mesure de vous proposer aujourd'hui la lecture d'un texte quotidien sur ce blog. Nous présentons d'ores et déjà nos excuses à nos lecteurs et leur donnons rendez-vous d'ici à quelque temps, lorsque le mouvement de grève, reconductible, aura pris fin. A très bientôt.

dimanche, 26 avril 2009

Palpitation

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Passage - 120 X 60 cm - Flow 2009

Il faut parfois se méfier des coups de cœur, surtout lorsque, comme moi, on est porteur d'un pace maker ! Mais il est bon aussi, de temps à autre, de ne pas prendre le temps de la réflexion et de se laisser emporter par une impulsion, quitte ensuite à tourner et retourner dans sa tête toutes les idées qui s'agitent et vous pointent du doigt en vous désignant comme être humain déraisonnable. Mais comment comprendre alors ce phénomène par lequel, alors que vous êtes face à une toile, vous êtes saisi par une certitude : cette peinture est faite pour vous, vous savez d'ores et déjà où elle prendra place dans votre salon, l'hésitation n'est pas de mise ? J'ai été la victime de ce sortilège hier après-midi alors que j'entrais dans la galerie d'Arnaud Flow, en vieille ville à Nancy. C'est un jeune peintre dont j'avais déjà évoqué le travail voici quelques mois et dont le travail me fascine. Quant à ces personnages en mouvement, traversant une rue (de Paris ou d'ailleurs), cette scène résolument ancrée dans un quotidien urbain et contemporain, et puis... cette animation flottante jouée par un beau de coup de pinceau, lui aussi en mouvement et créant un flou dynamique et énigmatique : ils m'attendaient ! Durant quelques secondes, j'ai pensé à la pochette d'Abbey Road, le disque des Beatles, probablement en raison de la traversée d'une rue. Et puis, très vite, j'ai entendu la musique de Steve Reich, celle de City Life : le compositeur avait enregistré des bruits dans New York avant de créer son propre environnement en s'appuyant sur leur rythme. Voici donc cette association que je m'autorise, j'espère qu'elle suscitera l'approbation d'Arnaud.

samedi, 25 avril 2009

Décourageant

nouveaux_chemins_connaissance.jpgJ'écoutais hier dans ma voiture l'émission « Les nouveaux chemins de la connaissance », animée par Raphaël Enthoven sur France Culture (chacun ses perversions...), dont le principe était cette semaine de demander à des professeurs de philosophie de s'imposer à eux-mêmes les épreuves qu'ils infligent à leurs élèves dans le cadre du Baccalauréat. Le thème en était : « L'homme peut-il être inhumain ? ». Une émission supposée, je cite là les producteurs de l'émission « destinée à distiller des conseils méthodologiques et à montrer comment la philosophie ne fait en somme que reprendre et formaliser les questions que se pose tout un chacun ». Fichtre ! Diantre ! Je crois que je suis bien heureux de ne plus être un élève de terminale depuis des décennies parce que... au bout d'un bon quart d'heure, j'étais complètement perdu, l'animateur lui-même avait un peu de mal à suivre le fil de la pensée de son interlocutrice dont le raisonnement me semblait en décalage total avec l'idée qu'il s'agissait d'aider des jeunes de 18 ans à répondre clairement à cette question. J'espère pour nos futurs bacheliers que peu d'entre se sont coltinés ce pensum qui frisait parfois le hors-sujet. Et pour ce qui est de philosopher, je crois que je préfère m'en remettre à quelqu'un comme Michel Onfray, dont la pensée me paraît un tantinet moins sinueuse...

vendredi, 24 avril 2009

Mitigé

millenium.jpgJe viens de terminer la lecture de la trilogie « Millenium », écrite par le suédois Stieg Larsson (qui s'est pris en 2004 de la drôle d'idée de mourir d'une crise cardiaque juste après en avoir remis le dernier manuscrit à son éditeur) et je retire de ces trois gros bouquins des sentiments contradictoires. Parce que j'ai dévoré cette suite dans un temps très court, happé par les histoires que l'auteur inscrit dans un contexte sociologique réaliste et complexe (certains passages annoncent d'une façon mystérieusement prémonitoire la crise financière que nous subissons), je me suis laissé embarquer assez naturellement dans le quotidien de personnages à la fois hors du commun mais qui restent très proches de nous. De plus, il faut souligner que les outils informatiques sont en général décrits avec justesse, ce qui est rarement le cas. Même si je ne suis pas certain que le meilleur des hackers serait capable de réaliser les prouesses de Lisbeth Salander... N'empêche, l'auteur sait ce qu'est un Mac, il connaît le monde des imprimeurs et de l'édition, ça ne fait aucun doute. Mais quel dommage que le style de ces bouquins soit si pauvre et truffé d'une ribambelle de barbarismes qui nous auraient valu, du temps de nos rédactions, des notes difficiles à présenter à nos parents. Comme si, pour toucher le public le plus large possible, il fallait, encore et toujours, niveler par le bas, ne pas lui faire prendre le risque d'un effort de concentration minimal. J'avoue que je redoute l'adaptation au cinéma qui vient d'être faite du premier tome, parce que je devine que le spectaculaire et le violent l'emporteront sur tout le reste alors que le sujet est plus profond qu'il n'y paraît au premier abord. Je crois que je n'irai pas voir le film, d'ailleurs. Et comme par une sorte d'effet de compensation, voilà que me vient le besoin de me replonger dans « La recherche du temps perdu », de me noyer dans ses phrases longues et méditatives, comme on viendrait à boire à l'eau d'une source claire pour se purifier.

jeudi, 23 avril 2009

Écoulement

Tous les matins, c'est le même spectacle un peu désolant... Laissez-moi vous expliquer : j'habite une rue qui est perpendiculaire à l'un des grands axes de ma ville, celui qui traverse Nancy du nord au sud. Alors forcément, vers huit heures, la périphérie laborieuse (enfin, ce qu'il en reste, parce qu'au train où vont les choses...) s'y engouffre, armée de ses innombrables voitures (de taille très souvent disproportionnée à l'usage qui en est généralement fait, mais c'est là une autre histoire), et ce qui doit arriver... arrive ! Le bouchon matinal ! Certains de mes concitoyens, pensant échapper à cette constipation automobile, et se croyant plus malins que leurs congénères, quittent brusquement la file d'attente pour débouler, au mépris de toutes les règles les plus élémentaires de la prudence, vers les axes perpendiculaires. Dont ma rue est un excellent exemple. Moi, piéton sonorisé (je badigeonne actuellement mes tympans du très beau disque de l'Orchestre National de Jazz consacré à la musique de Robert Wyatt), je suis là, un peu abasourdi par ce drôle de comportement dont la vanité ne résiste pas une seule seconde au principe le plus élémentaire de l'écoulement naturel du trafic. Parce que je retrouve quelques minutes plus tard en effet, tout en marchant d'un pas régulier, mes petits Schumacher matutinaux, bloqués, un peu plus loin, attendant à un stop ou un feu rouge que leurs récents voisins d'encombrement, ceux qui avaient bêtement attendu, leur passent sous le nez. Et je vous jure que c'est comme ça chaque matin...

mercredi, 22 avril 2009

Pipé

jacques_tati.jpgPauvre Jacques Tati ! Déjà que de son vivant, ses contemporains oublièrent de célébrer son génie de cinéaste au point qu'il lui fallut passer par des périodes très difficiles et finir sa vie empêtré dans de nombreux problèmes financiers, voilà maintenant qu'à l'occasion d'une exposition qui lui est consacrée à la Cinémathèque, une application stupide et bas du front de la loi Evin conduit la société Métrobus (qui est la régie publicitaire de la RATP) à éradiquer la pipe que le réalisateur arbore fièrement sur l'affiche pour la remplacer par... un moulin à vent miniature ! Le père de cette loi lui-même est obligé de reconnaître le caractère absurde de cette mesure : « La présentation de Monsieur Hulot avec sa pipe s'inscrit dans notre histoire, dans notre culture cinématographique ». Outre le fait qu'une telle décision est la marque d'un grand mépris politiquement correct pour le public (qu'on semble juger infantile au point que l'apparition de cette bouffarde le ferait replonger dans la dépendance au tabac..., pas bien ça, méchant public !), elle est aussi la traduction d'une négation totale de ce qu'était le personnage récurrent des films de Jacques Tati. Alors, pour cette seule raison, je vous propose un instantané montrant ce cher Monsieur Hulot fumant la pipe. Avec ce petit regard en coin qui semble dirigé contre ses futurs censeurs. Et dans la foulée, la même société repousse l'affiche du film de Ron Howard, « Anges et démons », qui mettrait soit disant en cause le Vatican et celle de « Coco avant Chanel », le film d'Anne Fontaine, sur laquelle Audrey Tautou exhibe une cigarette. D'ores et déjà, je tiens à présenter mes excuses à la France, celle qui vit, qui vibre, pour le triste spectacle qui lui est ainsi offert.

mardi, 21 avril 2009

Trentenaire

Incroyable cette sensation du temps qui passe, que dis-je, qui file à la vitesse de l’éclair. C’est en regardant mon calendrier hier, au moment de reprendre le boulot après quelques jours de pause, que je me suis souvenu qu’il y a trente ans, quasiment jour pour jour, j’entrais dans un interminable tunnel, celui de la maladie qui vous fauche perfidement et ne vous lâchera plus jusqu’à votre dernier souffle. Me reviennent en mémoire les semaines de souffrance, la fièvre, les douleurs insupportables, les pronostics pessimistes, le décompte incertain des jours qui restent à vivre, les soins à l’hôpital, toutes ces perfusions, phlébographies, ponctions lombaires, biopsies en tous genres, les piqûres qu’on s’administre soi-même durant des mois, l’inquiétude de mon entourage, le drôle de regard des médecins qui me contemplent pour ce que je suis, un cas médical unique. Et puis, la renaissance, l’énergie qui revient, la joie de comprendre qu’on n’est que malade et pas condamné, la vie qui semble vous sourire à nouveau, l’idée qu’on peut à nouveau échafauder quelques projets. C’était il y a trente ans, j’ai parfois l’impression que c’était hier.

lundi, 20 avril 2009

Cassea

cassea.jpg
Allez, c'est la reprise pour moi... Mais je vous épargnerai (rayez les mentions inutiles) : mes phrases longues, mes radotages, mes circonvolutions, mes prises de position façon vieux con, mes coups de coeur pour des artistes qui méritent un détour et un coup de main parce que snobés par la médiocratie médiatique la plupart du temps. Mais pour l'heure, un peu de calme s'impose, celui de ces jours de repos qui sont d'ores et déjà rangés au rayon des souvenirs. Avec pour le magnifier cette photo d'une plage un peu sauvage dans la Baie de Cassis et un enregistrement du bruit des vagues.

podcast

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dimanche, 19 avril 2009

Arbre

rediffusion.jpgAh, comme il fallait faire preuve de stratégie pour dissimuler à mes parents l'achat d'un nouveau disque, un de plus ! Du temps de mon adolescence, j'avais un chouette complice en la personne, si j'ose dire, d'un vieux marronnier.

Lire « La stratégie de l'arbre à disques », publié le 9 mars 2005.

 

samedi, 18 avril 2009

Toiles

rediffusion.jpgJe ne sais pas si vous fréquentez les salles obscures, mais pour ce qui me concerne, voilà un loisir qui me plaît particulièrement. Dommage qu'il faille souvent composer avec le comportement effarant de certains bipèdes qui osent penser qu'ils font partie des êtres humains...

Lire « Cinéma m'était conté », publié le 31 mars 2007.

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