mercredi, 31 décembre 2008

Freddie

freddie_hubbard.jpgJ’avais imaginé, en ce dernier jour de l’année, vous proposer une petite sélection de quelques bonheurs musicaux débusqués en 2008. Dans ma tête circulaient déjà les images et les sons de disques marquants, car il y en a eu, dont je souhaitais partager avec vous la vie et la grâce.
Et puis… J’ai appris hier qu’un grand monsieur de l’histoire du jazz venait de nous quitter : âgé de 70 ans, Freddie Hubbard, est mort des suites d’une crise cardiaque.
70 ans ? Seulement ? Incroyable…
Freddie Hubbard, c’était pour moi avant tout la fougue d’un jeune musicien âgé de 23 ans qui débordait d’énergie aux côtés de John Coltrane en 1961 pour l’enregistrement du mythique Olé. A cette époque, il participait à l’aventure des Jazz Messengers d’Art Blakey, avant de travailler aux côtés d’autres géants comme Sonny Rollins, Eric Dolphy, Herbie Hancock, Ornette Coleman ou Quincy Jones. Il avait su s’affranchir des frontières et faire traverser sa musique par de nombreux courants, en commençant par recevoir l’influence du grand Miles avant de s’émanciper et de trouver sa propre voie. Sa discographie, en tant que leader ou comme sideman, est abondante et j’aimerais ici vous proposer un petit hommage avec «Red Clay», extrait de l'album éponyme publié en 1970. Le casting est somptueux, excusez du peu : aux côtés du trompettiste, on trouve Joe Henderson au saxophone ténor, Herbie Hancock au piano, Ron Carter à la contrebasse et Lenny White à la batterie. Rien que ça.
Chapeau bas monsieur Freddie, et bonne chance pour vos nouvelles aventures.

mardi, 30 décembre 2008

Ringard

Miracle de la zappette ! Cet objet merveilleux m’a permis de débusquer par hasard une pépite télévisée à ne manquer sous aucun prétexte. Nous sommes le soir – quel jour, quelle heure, je ne sais plus trop – dans une émission destinée à faire gagner de l’argent à des candidats qui n’ont pas l’air d’avoir inventé le beurre mou et dont le seul effort demandé est celui qui consiste à faire tourner une roue. Ah, j’oubliais : c’est une émission diffusée sur le service dit public. Voilà qui doit nous rassurer. Et là, le joyau, le trésor ultime s’invite chez vous : un présentateur dont le charisme évoque au mieux celui de l’animateur d’une tête de gondole (chemisette et cravate, vous voyez le genre ?) dans votre supermarché le plus proche, au pire celui d'un rôti de porc sous vide ayant atteint la date limite de consommation dans le même magasin. Il s’essaie à des blagues bien lourdes qui tombent toujours à plat (même les candidats en restent muets, c’est tout dire) ; il essaie de faire chanter un maigre public sur des chansons pourries des années 80 (ceci étant un pléonasme) ; comme certains de ses confrères, il tente également, d’un geste autoritaire, de couper la bande son, mais ça ne marche jamais, la musique continue ou prend fin cinq secondes plus tard… Bref, un cador des plateaux. C’est bien simple, ses producteurs en sont tellement fiers qu’ils ont décidé de faire défiler le générique de fin à une vitesse supersonique, de peur qu’on les associe à cette Bérézina télévisée. Voilà qui nous fait saliver d’avance sur les grandes heures à attendre de la future O.R.T.S. qui naîtra dans quelques jours !

lundi, 29 décembre 2008

Collectionnite

J’ignore si, comme moi, vous avez remarqué qu’à l’approche d’une nouvelle année ou d’une rentrée scolaire, les éditeurs de magazines bas de gamme nous font le coup de la collection. Tous les ans, c’est pareil : les blindés allemands de la seconde guerre mondiale, les avions de guerre, les cours de tricot ou de broderie, les voiliers, les voitures de Michel Vaillant, les 2 CV, les vieilles séries télé complètement ringardes et je ne sais quoi encore. Ah si : j’ai vu tout récemment dans une vitrine une belle collection qui vaut son pesant de grenouilles de bénitiers : les rosaires ! Un vrai bazar pas chic du tout. Tout est prétexte à nous faire entasser des objets dont on ne saura très vite plus quoi faire, à condition toutefois que ces séries puissent être menées jusqu’à leur terme, ce qui m’étonnerait un peu d’ailleurs, même si leur prix de lancement est toujours bon marché (enfin, je dis ça parce qu’il est écrit systématiquement "seulement" sous le prix en question). Au point que j’en viens à me demander si la collection ultime ne serait pas, justement, celle des premiers numéros de chacune d’entre elles…

dimanche, 28 décembre 2008

Puzzle

Dead Moon RisingLe résultat n’est pas inoubliable, certes. Parce que le rock un peu rude et la voix rocailleuse de John Fogerty se marient plutôt mal, finalement, avec la rythmique aérienne et les flammèches évanescentes lancées par les cordes électriques du Grateful Dead. Mais cette rencontre, qui remonte à l’année 1991, entre celui qui était à lui seul Creedence Clearwater Revival et la bande à Jerry Garcia, ressemble pour moi à l’une des pièces manquantes du puzzle que je tente d’assembler depuis les années de ma préadolescence. En 1970 – j’avais alors douze ans – je m’entichais du premier avant de me lancer à disques perdus dans la découverte du second, dès le mois de janvier 1972. Il aura fallu attendre près de vingt ans pour qu’une jonction s’opère et presque autant encore pour qu’elle me parvienne aux oreilles. Astucieusement baptisé Dead Moon Rising - les spécialistes comprendront – cet enregistrement constitue un précieux témoignage, à défaut d’être musicalement historique.

samedi, 27 décembre 2008

Farceur

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Je n’apprendrai à personne que le temps lorrain est parfois désespérant. Mais pas toujours... Pour de mystérieuses raisons, il arrive aussi que le soleil se mette à régner brutalement en maître. C’est une question d’habitude, en fait, d'autant que les vraies richesses de ce bout de nord-est de la France sont à chercher ailleurs. Car les trésors de cette région, pour discrets qu’ils soient, n’en existent pas moins et méritent l’attention du touriste souvent trop pressé d’engager une conversation intime avec son futur mélanome au soleil de je ne sais quel paradis néo-colonial, dûment bétonné de ses complexes touristiques sans âme et de ses piscines javellisées. En Lorraine, l’habitant est plutôt rare, l’herbe est verte, les forêts sont boisées et le ciel gris laisse parfois filtrer un soleil fugitif… Qu’importe, qui sait fouiner ici ou là saura débusquer de jolies fresques à la tonalité coquine ! La preuve ? Regardez bien cette photo...

vendredi, 26 décembre 2008

Florentin

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Ce n’est pas la belle ville de Florence qui sera le sujet de cette note, même si cette perle de la Toscane reste pour moi un lieu magnifique vers lequel je reviendrai et au sujet duquel j’écrirai, peut-être. Si tant est qu’il en reste quelque chose à dire, après que tant d’autres aient fait merveille («Le voyage en Italie», de Goethe, par exemple…).
En réalité, j’aimerais souligner ici le talent d’un peintre dont l’atelier se trouve à Nancy : d’Arnaud Florentin, connu sous le pseudonyme de Flow, je ne savais que sa récente contribution au festival Nancy Jazz Pulsations. Adepte de la peinture projetée et du dripping (une technique qui consiste à créer en laissant s’égoutter la peinture), Arnaud Florentin crée des univers au centre desquels les visages se dévoilent de manière presque subliminale et vous habitent instantanément. Un très gentil Père Noël m’a offert l’une de ses toiles et c’est un enchantement. Allez donc faire une petite visite chez lui, vous ne regretterez pas votre déplacement.

jeudi, 25 décembre 2008

Noël

cv_enfants.jpgVoici maintenant près de quinze ans, c'était en 1994, que Christian Vander surprenait son monde en proposant A tous les enfants. Disque puisant ses racines dans la mémoire des premières années d'un homme connu d'abord pour le déferlement à nul autre pareil de sa musique avec Magma, sa beauté intacte nous semble parfaitement adaptée à ces jours dits de fête où familles, amis se rassemblent et, peut-être, retrouvent l'innocence des jours de leur enfance. Car c'est bien de cela qu'il s'agit : A tous les enfants s'adresse aux enfants que nous étions et que, trop souvent, nous avons perdu de vue dans nos vies d'adultes. "Les contes de Noel de Kobaïa se sont posés sur la Terre. Ils ont le charme ineffable de ces mélodies cristallines et limpides, qui s'envolent des boîtes à musique que l'on ouvre et que l'on referme pour qu'elles ne la laissent pas échapper".

Alors, fêtons Noël...

On peut se procurer ce très beau disque directement à la boutique en ligne de Seventh Records.

mercredi, 24 décembre 2008

Descente

descente.jpg
Quelques semaines avant l'annonce d'une crise économique sans précédent, le soleil brillait, rassurant, du côté de Saint-Palais-sur-Mer. Quatre promeneurs - étranges frères et soeurs Dalton des sables - semblaient pourtant s'enfoncer dans l'inconnu. Prémonitoire ?

mardi, 23 décembre 2008

Spéculatif

J'ai reçu récemment ma facture de gaz pour l'année 2008. 1180 €, à quelques centimes près. Cette somme traduit notre souci de gérer au mieux notre consommation, puisque voilà une dépense qui est stable par comparaison avec celle de l'année 2007, dont les tarifs étaient pourtant sensiblement moins élevés (A ce sujet, et par un mystérieux raisonnement énarchique, le prix du gaz est indexé sur celui du baril de pétrole. Soit, faudra qu'on m'explique pourquoi, mais admettons le principe. C'est la raison pour laquelle il a effectué en deux temps un bond d'environ 20 % au cours de l'année écoulée. Mais depuis quatre mois, le prix de ce satané baril a été quasiment divisé par quatre et je n'entends parler d'aucune révision à la baisse côté gaz... Les princes qui nous gouvernent nous ont simplement fait comprendre qu'aucune hausse n'était envisagée actuellement. Etonnant, non ? Et merci à vous, grands argentiers...).
Mensualisé depuis des décennies, je m'attendais par conséquent à découvrir un échéancier 2009 simplement calculé, comme d'habitude, en divisant la facture de l'année précédente par 10, avec correctif éventuel en fin d'année. Un prélèvement mensuel de 118 € de janvier à octobre, donc. Ben non !!! Perdu mon gars ! Cette année, le grand gazier se fait un peu d'argent de poche en prélevant plus que nécessaire et me retirera chaque mois... 133 € ! Soit, sans me demander mon avis, une avance de 150 € pour l'année qui, multipliée par le nombre de cochons de payants que nous sommes, lui autorisera quelques facéties budgétaires dont on n'espère qu'il n'ira pas les brûler dans je ne sais quel fonds spéculatif mirobolant. Les petits coqs* du libéralisme ont beau m'expliquer que leur système chéri est le meilleur à l'exception de tous les autres, personne ne m'ôtera de l'idée qu'on me prend pour une truffe... Dommage que mon propre prix ne soit pas indexé sur cette dernière.

* On sait que le coq est ce drôle d'animal qui présente la particularité d'être le seul à chanter quand il est dans la m...

lundi, 22 décembre 2008

Paternel

apprenti.jpg«Je voulais un adolescent en manque de père», nous dit Samuel Collardey, réalisateur du très beau film L’apprenti, dont il est difficile de savoir s’il s’agit d’un documentaire ou d’une fiction, tant les personnages interprétés par des acteurs non professionnels sont criants de vérité. Mathieu, adolescent vivant dans le Haut Doubs, dont les parents sont séparés et le père plutôt absent, vient travailler dans une ferme pour y préparer son BEPA (Brevet d’Etudes Professionnelles Agricoles) en apprentissage, sous la responsabilité de Paul, un agriculteur – un paysan, il tient à corriger ! – qui s’avère être pour lui une sorte de second père. Si les idées de son maître de stage lui déplaisent parfois – il y a chez Paul une inclination naturelle à la procrastination –  il trouve en lui un guide qui vit de façon assez sereine au rythme des saisons. Les images sont belles et les personnages, attachants, ne sont jamais traités avec mépris ni condescendance par le réalisateur qui exprime là une très forte sensibilité. Et la scène de la leçon d’anglais est absolument irrésistibe ! Après «La vie moderne» de Raymond Depardon, voilà pour l’année 2008 une seconde symphonie rurale à voir sans attendre.

 

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