31 août 2008

Éternel

crescent.jpgJe suis passé l’autre jour en coup de vent chez mon agitateur culturel ; comme à chaque fois, j’ai rapidement parcouru le rayon maigrelet des disques de John Coltrane, espérant qu’enfin peut-être  son fils Ravi aurait eu la bonne idée de publier cette mythique séance studio de mai 1967, toujours inédite et qu’il semble vouloir garder pour son seul plaisir. En vain… Cette recherche me rappelle que j’ai terminé la numérisation intégrale de tous mes disques du saxophoniste et reclassé chaque enregistrement par ordre chronologique, depuis le 13 juillet 1946 où, âgé de moins de 20 ans, il jouait à Hawaï dans le Big Band de la Marine américaine jusqu’à son dernier concert enregistré, le 23 avril 1967, moins de trois mois avant sa mort : il y a là plus de quatre journées d’écoute en continu, pour un total d’environ 1000 titres, en studio ou sur scène, tous ayant trouvé leur place sur mon iPod. Une formidable occasion de mesurer l’évolution artistique foudroyante de ce génie, mais aussi un vrai défi lorsqu’il s’agit d'opérer un choix et de vous soumettre une composition à découvrir. Pour l’heure, j’opte pour le splendide «Wise One», enregistré le 27 avril 1964 ; cette composition figure sur le sublime album «Crescent».

John Coltrane : saxophone ténor ; McCoy Tyner : piano ; Jimmy Garrison : contrebasse ; Elvin Jones : batterie.

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30 août 2008

Rayons

Nancy se met à l’heure du vélo en libre service et le bébé se nomme VéloStan’Lib. Voilà une excellente nouvelle pour les habitants d’une ville qui, jusqu’à présent, n’a jamais été très inspirée dans l’aménagement de son plan de circulation urbain, mais qui semble aujourd’hui vouloir faire avancer ce chantier à grands pas. Il était temps : une seconde ligne de tramway est dans les cartons, la vitesse de circulation au centre-ville va passer à 30 km / heure, des parkings relais incitent à limiter au maximum la présence polluante des automobiles...
Il n’en reste pas moins que les responsables de ce vaste projet devront vite revoir la copie des pistes cyclables, qui restent très dangereuses compte tenu du comportement de trop d'automobilistes et qui présentent souvent l'inconvénient fâcheux de ne déboucher sur… rien.
Mais ces nouvelles possibilités de transport ne doivent pas faire oublier aux néo-cyclistes tout frétillants que le code de la route s’adresse aussi à eux et qu’il ne leur est pas interdit de respecter les piétons sur les trottoirs ni quelques règles de prudence élémentaires. Et qu’ils arrêtent, par pitié, d’arborer cet air niais au prétexte qu’ils viennent de découvrir la pratique du vélo…

29 août 2008

Pesant

J’ai malheureusement oublié le nom de ce journaliste qui, très intelligemment, avait observé que le sens du verbe communiquer avait évolué au fil des ans. En effet, celui-ci était initialement transitif : on communiquait une passion, des connaissances, un savoir-faire à quelqu’un ; en d’autres termes, il y avait dans l’idée de communication celle du partage et de la transmission, voire d’une forme d’élévation. Puis le verbe est devenu intransitif : aujourd’hui, on communique, un point c’est tout, vous n’avez plus rien à dire. Il s’agit désormais de faire passer un message et, plus généralement, d’accompagner une démarche commerciale. Communiquer pour vendre en se cachant derrière les mots. A titre personnel, j’aimerais ajouter qu’en même temps que le sens du mot communiquer perdait sa signification originelle, on a inventé un nouveau métier, celui de «chargé de communication», dont la pesanteur sémantique me paraît très significative de cette évolution. Le poids des mots, les mots du poids.

28 août 2008

Confusion

Je ne comprends pas. La visite du Dalaï Lama en France la semaine dernière était-elle de nature religieuse ou politique ? Si l’hypothèse spirituelle est la bonne, que viennent alors faire dans cette histoire un ministre des affaires étrangères, sa secrétaire d’état, des députés ou encore un préfet puisque notre république est constitutionnellement laïque ? Mais s’il s’agit d’une visite à caractère politique, comment expliquer alors le rôle de cette «émissaire» du président de la république, dont la légitimité est plus que contestable ? Je pressens bien qu’il faut faire comme si sans faire vraiment, pour ne pas fâcher un gros pays avec lequel nous sommes en affaires et qui manie le chantage avec un large sourire diplomatique. Mais si je suis capable, moi citoyen ordinaire, de subodorer les ressorts contractuels de cette histoire, comment imaginer que les dirigeants de ce même pays puissent se laisser mener en bateau ?

27 août 2008

Mural

mur_graffitis.jpg
Slogans libertaires, mots d’ordre anarchisants (oxymore ?), mots venus de nulle part mais aussi petites annonces à caractère très pornographique, affichettes n’ayant visiblement pas trouvé leur place ailleurs, graphes, tags façon ghetto américain illisibles pour le citoyen lambda que je suis… Ce mur devant lequel je passe chaque jour est un bonheur de lecture renouvelé grâce à la présence d’esprit de quelques employés communaux qui ne manquent pas, dès que le besoin de place se fait sentir, de fourbir leur pistolet à peinture et d’effacer ce «télécran» grandeur nature avant sa renaissance permanente.

26 août 2008

Poussiéreux

Dans un demi-sommeil, rentrée oblige, j’ai entendu hier matin sur Europe 1 la très curieuse bande annonce de la "nouvelle" émission matinale et quotidienne d’un "nouvel" animateur de la station, symbole national de toutes les "innovations" et audaces culturelles (mes répétitions sur le mot nouveau et ses déclinaisons sont ici volontaires), le gendre idéal, l’ami de tous les pouvoirs en place, le plus consensuel des animateurs sexagénaires depuis des décennies, grand manitou du coma audimateux, j’ai nommé… non, tiens, je ne le nomme même pas ! Il nous annonce du grandiose, de l’histoire, des destins exceptionnels, oui, mesdames et messieurs, les arts seront à la fête chaque matin à partir de 9h30, avec pour premier invité… Michel Sardou ! Cherchez l’erreur… OK, c’est bon, je change de fréquence, c’était une erreur grossière de ma part, retour au service public, avec ou sans publicité. Je m'autorise même à vous recommander chaudement la tranche matinale de France Culture, il s'y dit encore des choses très intéressantes... pour combien de temps ?

25 août 2008

Microclimat

micro_climat.jpg
Eurêka ! Je m’acharnais en vain sur la météo lorraine et j’avais tort. En réalité, je viens de comprendre que nous bénéficions ici d’un microclimat. L’avez-vous remarqué ? Lorsque vous découvrez une nouvelle région, il se trouvera toujours un (ou une) autochtone pour vous expliquer les bienfaits du temps très particulier qui y règne. C’en est presque mystérieux, au point que j’en finis par me demander si la France n’est pas une simple addition de toutes ces conditions climatiques locales. En Lorraine, c’est exactement la même chose : mesdames et messieurs, nous avons le bonheur de vous faire part de la naissance de notre microclimat et de tous ses avantages, qui sont innombrables : une végétation luxuriante, une terrasse quotidiennement lavée sans intervention de votre part, une harmonie des couleurs où le vert, dominant, vous apaisera et, cerise sur le gâteau, une économie substantielle sur votre facture d’eau.

24 août 2008

Progressif

closetotheedge.jpgJe me suis replongé cet été dans les premières années de la musique du groupe anglais YES, appartenant à un genre qu’il est de bon ton de railler parfois aujourd’hui, le rock progressif. Si ce qu’a pu produire cette formation à compter de la deuxième moitié des années 70 est de moindre intérêt (avant de tendre vers la redite et aujourd'hui l'autocélébration), les premiers albums marquent une évolution très spectaculaire, entre 1969 et 1974. On se trouve là face à une démarche artistique qui ne manqua pas d'être contestée en son temps et qui visait à s’émanciper du cadre trop limité du rock pour explorer des univers plus symphoniques, virtuoses et beaucoup plus complexes dans les arrangements, sans jamais perdre une spontanéité toute électrique. A cet égard, «Close to the Edge», paru en 1972, en est probablement le meilleur exemple. A (re)découvrir avec ce court extrait, avant de l'acheter, ICI par exemple. S'il n'y en avait qu'un...

23 août 2008

Pluie

verdun_pluie.jpg
Un passage éclair à Verdun, ma ville natale. Il tombe des cordes, on se croirait presque en automne. Depuis que ma mère nous a quittés, je ressens un étrange malaise, comme si la ville, petit à petit, s’échappait de moi, comme si seuls les souvenirs me reliaient à cette cité chargée d'histoire. Ces souvenirs qui s’effacent, dont les contours sont chaque jour un peu plus flous.
Mais je reviendrai, par un jour de grand soleil et en attendant, j’irai me promener chaque jour sur le beau site qu’un jeune verdunois consacre à la capitale mondiale de la paix. Faites-en autant, c’est un vrai bonheur.

22 août 2008

Eveil

Le principe de ce blog version «light» est simple, comme vous l’avez constaté : chaque jour, une note de quelques lignes voire une simple photographie sans commentaire. Si le temps consacré à la rédaction est court – cinq minutes tout au plus – la genèse d’un article relève d’un processus plus complexe, parce qu’il faut réussir à attraper au vol une idée qui vous traverse l’esprit, un propos entendu ici ou là, une scène observée et la fixer au plus vite sur le support disponible au moment précis où vous souhaitez la conserver, carnet, ordinateur ou… cerveau ! Surtout ne pas oublier de ménager l’avenir et la mémoire qui flanche tendanciellement, entretenir la santé de son cerveau avec une petite gymnastique quotidienne. C’est un défi que je me lance.

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